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Final Cut Pro X.0.6, une version exceptionnelle

I Started Something I Couldn’t Finish

La semaine dernière, au milieu des iMacs, Macbook Pro et iPads plus ou moins grands, Apple a mis à jour Final Cut Pro X pour la 6è fois depuis sa sortie en juin 2011.
Il y a donc un peu moins d’un an et demi, la première version pointait le bout de son nez et devant le visage de la bête, beaucoup se sont demandés si Apple ne s’était pas foutu de nous un fois de trop (et je ne vous parle pas des monteurs Avid qui, tenant enfin leur revanche, riaient aux éclats pendant que leur logiciel préféré transcodait, transcodait, transcodait, transcodait… Et transcodait, transcodait, transcodait…).
Bref, la guerre allait de nouveau faire rage, le monde se divisant (comme toujours) en deux catégories : les rigolus et les tristus (et je me garderais bien de dire qui est qui, histoire de ne pas vexer un client potentiel).
D’un côté, ceux qui se forçaient un peu à croire que cette nouvelle mouture était appelée à évoluer et allait répondre aux besoins des professionnels; de l’autre… beaucoup de gens, en fait.
[divider_flat]Il faut dire que pour nombre de monteurs, Final Cut Pro X, c’était apparemment ça :

Un iMovie à peine amélioré, parfait pour monter le spectacle de danse de leurs enfants en fin d’année, mais incapable de faire quoi que ce soit de sérieux.

On ne peut pas leur en vouloir mais, comme souvent, un certain conservatisme et un petit manque de curiosité leur ont caché le fait que Final Cut Pro X, ça pouvait aussi être ça :

Ça fait pro, non ?
Des tas de trucs et de machins, des oscilloscopes, des chiffres, des boutons, des fenêtres dans tous les sens, un truc circulaire mystérieux au milieu et des paysages de montagne en bas à droite.

Mais, au-delà de l’interface, en jetant un œil à cette fameuse «beauté intérieure» que cherchent tant les filles au lycée avant de sortir avec ce crétin de Stéphane Lecanois, Final Cut Pro X regorge de concepts intelligents, de trouvailles futées et de bases solides. De manques aussi. Pas mal même. Mais après-tout, il n’a qu’un an et demi.

Back To The Old House

La nouvelle mouture de Final Cut Pro X possède maintenant à peu près tous les outils de la version 7.
Et dans la plupart des cas, ceux-ci n’ont pas été simplement copiés mais améliorés.

Import – Capture – Ingest

De tout temps, le monteur a voulu importer des rushes ! Et ces dernières années, les supports se sont un peu multipliés : cassettes, appareils photos, cartes, disques durs, Blu- Ray…
La nouvelle version de Final Cut Pro X propose une réponse bien pratique : quel que soit le support que vous utilisez, tout passera par une fenêtre d’importation unique, versatile et élégante.
La voici d’ailleurs.

On ne capture plus, on ne transfère plus, on importe seulement. C’est simple. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ?

Si vous jetez un œil attentif à cette fenêtre, vous verrez qu’elle liste aussi bien les caméras (ici un Canon EOS et un iPhone1) ainsi que les disques durs. On ne capture plus, on ne transfère plus, on importe seulement. C’est simple. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ?
C’est par cette fenêtre que vous importerez vos images, qu’elles soient sur cassette DV et HDV, sur carte P2 pour le DVCPro HD ou l’AVC-Intra, sur carte SxS pour le XDCAM EX (via un petit plug-in gratuit de Sony), sur Compact Flash et autres cartes de DSLR (les appareils photos, pour les non-initiés) ou sur disque dur et même les fichiers R3D des caméras RED.

La 6ème version du logiciel apporte aussi la gestion directe et sans transcodage du MXF (une sorte de container informatique qui contient les images, les sons, le timecode ainsi que tout un tas de données supplémentaires, pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un DSLR). Cependant, il faudra passer par des plug-ins.

On peut noter que, pour un iMovie, Final Cut Pro X est assez polyvalent.
Alors bien sûr, pour le XDCAM HD (dont le support est le Blu-Ray) ou les autres formats sur support cassette (HDCAM SR, BETA NUM), il faudra passer par des logiciels tiers qui assureront la capture ou l’ingestion- logiciels tiers gratuits offerts par les fabricants de cartes (Aja, BlackMagic, Matrox…). Mais force est d’avouer que ces supports sont, pour le meilleur ou pour le pire, en voie de disparition. Même les télécinémas peuvent être fait sur disque dur directement.

Point d’entrées et de sorties

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup : Final Cut Pro X se souvient maintenant des points d’entrées et de sorties que vous avez mis sur un plan lors de votre dérushage. Mais là où ça va plus loin, c’est qu’il est aussi possible de faire plusieurs points d’entrée / sortie sur un même plan pour pouvoir sélectionner plusieurs plages. Ils sont forts chez Apple !

 

L’intégration des caméras RED

Le montage des films tournés avec les caméras RED par exemple. En effet, il est maintenant possible de lire les fichiers R3D sans les convertir en Apple Pro Res mais en les gardant dans leur RAW natif (c’est une bien jolie phrase que voilà).
L’intérêt de monter directement en RAW est qu’il est possible de jouer sur tout un tas de paramètres d’étalonnage sans toucher aux fichiers d’origine, les modifications n’étant que des couches d’effets supplémentaires que l’on peut réinitialiser.

Par exemple, vous avez ci-dessous un plan tourné en RED, avec les réglages natifs de la caméra que l’on retrouve dans Final Cut Pro X (c’est la fenêtre de droite). L’homme est mort, certes mais il est surtout un peu vert.

Il suffit alors de changer les réglages dans la fenêtre pour modifier son étalonnage, comme c’est le cas dans en-dessous :

En effet, c’est plutôt moche. Mais, je m’en fiche car à tout moment, je peux revenir aux réglages d’origine du plan.

Bien entendu, pour pouvoir monter les fichers R3D, il faut un disque dur très très rapide. Pour ceux qui, en ces temps de crise, n’ont pas les moyens de se l’offrir, Final Cut Pro X permet de convertir ces fichiers en Apple Pro Res (4444 ou Proxy).

Ajoutez à cela que, contrairement à la version 7 de triste mémoire, il est possible de monter en 4K (ou en 5K) et vous voyez que Final Cut Pro X n’est pas qu’un jouet.

Note : Les images utilisées pour ce chapitre sont tirées du film Linda de Corinna Larcher et Audrey Krieff-Dunelle (2011, © Différence Films)

Coller les attributs

Cette fonction qui permettait de prendre les effets d’un plan pour les mettre sur un ou plusieurs autres, signe son grand retour. Et là, encore, elle a été améliorée puisqu’il est maintenant possible de ne pas copier tous les effets ou de copier la position mais pas la rotation.

Si, en plus, des images clés ont été copiées, elles peuvent s’adapter à la durée du nouveau plan.

Le visualiseur d’évènement

De l’héritage de Final Cut Pro 7 porté sur la nouvelle version, c’est celui qui me laisse le plus dubitatif et que je trouve le moins utile.

À sa sortie, tout le monde s’est étonné de ne voir qu’un seul visualiseur pour afficher aussi bien les rushes que le montage sur la Timeline.
C’est vrai que cela est perturbant au départ mais, il faut avouer que l’on s’y fait très vite. Cependant, cela posait un problème pour pouvoir faire un raccord précisément entre deux plans ou pour faire correspondre deux étalonnages. Il existe heureusement des tas de solutions qui rendent Final Cut Pro X aussi précis que n’importe quel autre logiciel mais, je suis de ceux qui utilisent et adorent la fenêtre de Trim, et j’espérais beaucoup que ce nouveau visualiseur en serait une version améliorée.
Hélas, il n’en est rien, car ce visualiseur ne peut qu’afficher des plans issus des rushes, et non les plans de la Timeline. Il est donc impossible de comparer deux plans montés ensemble. C’est un peu bête, mais on suppose que ce visualiseur est appelé à s’améliorer très prochainement…

A part cela, il est plutôt bien fait de sa personne et permet d’afficher son propre oscillo. Joli.

Les exports

Ah, les exports ! L’activité n°2 du monteur moderne. Un bien beau métier.

Apple a entièrement changé les fonctions d’exportation de son logiciel. Résultat : c’est plus simple et tout aussi puissant qu’avant. Il suffit de choisir, modifier ou créer des préréglages dans les Préférences de Final Cut Pro X. L’intérêt de la chose est qu’on ne choisit plus un codec mais un medium de diffusion (une «Destination» chez Apple). Il est plus parlant de choisir «Blu-Ray» plutôt que de «baisser le débit du H264 en dessous de 15Mbits/s».

Une fois les différentes destinations choisies, elles seront toujours sélectionnables pour n’importe quel projet via un petit bouton au-dessus de la Timeline.

Il est même possible de grouper plusieurs «Destinations» en même temps pour en faire un lot d’exportations et, pour les Geeks qui aiment entrer les débits à la main, sachez que vous pouvez toujours créer un réglage dans Compressor qui se retrouvera dans les «Destinations».

Les exports se font tous en tâche de fond, vous n’êtes plus obligés d’attendre que la machine vous re-donne la main pour continuer à bosser. Du coup, moins de pauses, moins de cigarettes et une meilleure santé. Merci Apple !

Les plans composés

À l’époque de Final Cut Pro Old School, cela s’appelait des «séquences imbriquées». L’idée était de regrouper plusieurs plans dans une séquence puis d’utiliser cette séquence dans une autre séquence, comme s’il s’agissait d’un seul plan. Vous suivez ?

Par exemple, au lieu d’appliquer un filtre Noir et Blanc à tous les plans d’un montage, on les mettait dans une séquence A que l’on insérait dans une autre séquence B. La séquence A se comportait comme un plan, il suffisait alors de poser le filtre Noir et Blanc sur A pour que l’effet s’applique à tous les plans. Si vous ne comprenez toujours pas, contactez Fatima, Marie ou Audrey au 01.48.06.10.18. et prenez le stage de 3 semaines.

Pour les autres, sachez que dans la version X, un «plan composé» s’apparente à une «séquence imbriquée» mais en plus puissant. Il peut servir à appliquer un effet sur tout un ensemble de plans bien sûr, mais peut aussi être utilisé comme bout-à-bout ou comme pré-montage de séquence. L’intérêt est qu’avec la nouvelle version de Final Cut Pro, tout plan composé est considéré comme un rushe. Ainsi toute modification de ce plan composé modifiera en conséquence toutes les occurrences de ce plan composé utilisées dans les différents montages.

Dit comme ça, c’est un peu obscur mais, rappelez vous : 01.48.06.10.18.

Les rendus

Final Cut Pro X avait apporté les rendus en tâche de fond. Enfin, plus ou moins. Et s’il était vrai que la prévisualisation des effets (avant rendu) était assez performante, le calcul effectif des rendus ne semblait pas forcément plus rapide. La raison en était simple : la prévisualisation utilisait le processeur de la carte graphique (ou GPU) et les rendus utilisaient le processeur de l’ordinateur (ou CPU). Or ce dernier est moins rapide que la premier.

Heureusement, la version X.0.6. rationalise les choses. Maintenant les rendus sont gérés par le CPU et le GPU. Si on en croit les différents tests que l’on peut croiser sur internet ces derniers temps, certains rendus sont 4 à 5 fois plus rapides.

Handsome Devil

Mais ce n’est pas tout. Final Cut Pro X possède tout un tas de fonctions dont les versions précédentes ignoraient jusqu’à l’existence. Il y a bien sûr les concepts déjà présents dans la X.0 comme la séparation des rushes d’avec les montages (ce qui, finalement, simplifie la gestion des données et les consolidates) ; les collections de mots clés, la notation des plans et le chargement automatique des plans sélectionnés dans le visualiseur qui rendent le dérushage plus efficace et plus rapide ; ou encore, la Timeline magnétique qui permet d’utiliser intuitivement des outils de Trim plutôt que cette horrible technique un peu vulgaire qui consiste à couper un plan, en effacer un bout, puis déplacer le reste du montage pour combler le trou béant…

Mais la nouvelle version apporte aussi de tout nouveau outils.
En voici un :

Gestion du multicannal

Pour être précis, il ne s’agit pas seulement de gérer le son 5.1 mais aussi les paires (ou triplettes, ou quatuor, ou…) mono ou les pistes stéréo.

Voici quelques plans montés. Comme vous pouvez le voir, le son et l’image sont dans une seule et même enveloppe : toute modification de l’un (déplacement, Trim,…) modifie l’autre.

Grâce à une fonction magique que nous ne vous donnerons que si vous faites un stage chez nous, vous aurez accès à toutes les pistes sons du plan.

Vous pourrez alors couper, renommer, shunter, allonger, chacune des pistes, indépendamment des autres.

Puis, quand vous aurez terminé : «Abracadabra». Vous rangerez de nouveau toutes les pistes audio dans la seule et même enveloppe que l’image, vous permettant ainsi de modifier ou déplacer le plan avec toutes ses pistes son en même temps. Très futé !

This Charming Man

Pour finir cet article, voici quelques nouveautés que l’on peut trouver dans la version X. 0.6.
Du coup, cela ne parlera qu’à ceux qui ont déjà utilisé l’une des cinq versions précédentes. Un grand merci à Olivier Mathieu pour son esprit de défricheur.

  • Il existe maintenant un petit bouton dans l’inspecteur pour forcer l’affichage en 16/9 anamorphosée d’un plan en SD si Final Cut Pro ne l’a pas fait automatiquement.

    Réglage de la SD 4/3 ou SD 16/6
  • Un petit changement dans la gestion des plans composés a amélioré l’utilisation de la RAM, des performances en lecture et la stabilité. Ça tient à peu de choses.
  • Il est maintenant possible de déplacer ou effacer un plan sans faire de même avec les plans qui lui sont connectés.
  • Cliquer sur un plan ne déplace plus la tête de lecture. Moins de crises de nerfs.
  • Il est possible de créer une image fixe sans passer par la fonction «Suspendre» du resynchronisateur à neutrons. Il suffit d’appuyer sur Option+F.
  • Il est maintenant possible d’exporter seulement un montage entre un point d’entrée et de sortie.
  • Il est possible de renommer les portions de plans montés dans la Timeline sans que cela ne change le nom du rush.
  • Il est possible de définir une transition par défaut et l’appliquer avec Commande – T
  • Il existe un filtre «Ombre Portée» bourré d’options.
  • Grâce au «Rasoir total», coupez tous les éléments sous le skimmer ou la tête de lecture en une seule fois.
  • N’hésitez plus à mettre des «Marqueurs de Chapitre» pour iTunes, DVD, Bluray. Vous pourrez même choisir l’image qui servira d’affiche pour ce chapitre.
  • On peut désormais choisir l’Apple ProRes LT
  • Edition et Manipulation des titres multiples grandement améliorées
  • Nouvelle version du XML qui passe en 1.2 et qui permet de stocker des métadonnées supplémentaires. Je vous avoue que les implications de ceci me dépassent.
  • Dans un événement, quand on renomme avec un compteur, il prend en compte la date de création des plans pour établir l’ordre de renommage … et surtout pas le nom, ni le Timecode de début.

You’ve got Everything Now

Bon, j’exagère un peu.
Il manque encore pas mal de fonctions parmi lesquelles je dirais : une véritable fenêtre de Trim (ma marotte), une table de mixage (même si, sans interface réelle, ça n’est pas très pratique à utiliser), un éditeur d’images clés plus ergonomique, un trackeur, le round-tripping et une motte de beurre.
Mais rien de rédhibitoire pour faire son travail et le faire proprement.

Contrairement à ce que disent certains monteurs ou professionnels, je ne pense pas qu’Apple va les abandonner. Alors, c’est vrai, les MacPros tardent à arriver (et je pense que quand ils arriveront, ils feront le même effet que Final Cut Pro X a produit) mais les iMacs sont de très bonnes machines pour le montage.

Maintenant, ami monteur, je parle à toi. Derrière ton écran, tu as peut-être peur de la mutation de ton métier et tu te dis que Final Cut Pro X, c’est le diable qui fera croire que tout le monde peut devenir monteur. Hé bien, détrompe-toi. Final Cut Pro X n’est pas un jouet, ce n’est pas un monstre non plus. Il s’agit juste d’un logiciel qui peut te faire gagner du temps sur des tâches particulièrement rébarbatives (de l’export à la synchro). De mauvais films ont été montés sur AVID, Lightworks et le table Steinbeck, de bons peuvent l’être sur Final Cut Pro X. Tout cela dépend de toi, et de toi seul. Tu en as le talent, je le sais.

Mais surtout, Final Cut Pro est une part non négligeable de mes revenus : alors, cours l’essayer et inscris-toi à l’une des formations de Video Design. S’il te plait, le temps presse. Il ne me reste que quelques semaines pour finir mes heures.

Viens !

Vincent Coste – avec l’aide de Olivier Mathieu et James Simon…

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