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Final Cut Pro 7

un regard sans pitié sur la dernière version de Final Cut, testé par Vincent Coste, notre redoutable monteur, sans peur et sans reproche…

Après deux ans d’absence ponctués seulement par quelques mises-à-jour aussi mineures qu’abstraites, Final Cut Pro revient en version 7 entouré de tous ses amis de la nouvelle Final Cut Suite.

Les dernières versions de notre logiciel de montage préféré avait suivi les évolutions du métier de monteur et de l’audiovisuel en général, à savoir le remplacement des techniciens spécialisés (avec généralement une petite culture de l’image) par des ingénieurs informaticiens, voire par des geeks. Les versions s’enchaînaient et des fonctionnalité ésotériques apparaissaient : gestion du 720p25, du 720p50, du full-interleaved a balayage quantique asynchrone… Wahoo ! C’était super pour frimer au SATIS mais pour ce qui est du montage proprement parlé, il n’y avait pas grand chose à se mettre sous la dent.

Bref, tout ça pour dire que l’appréhension pouvait être grande quant à cette nouvelle version : Apple allait-elle se remettre à écouter un peu plus les monteurs professionnels ou pas ?
Hé bien, en partie. Et c’est déjà ça.

 

Déjà, il y a ce qui ne change pas, à savoir principalement l’interface utilisateur qui commence tout de même à faire son âge, surtout en regard de celle de Motion ou Soundtrack Pro. Le connaisseur retrouvera aussi avec plaisir les bugs d’affichage du navigateur quand il y a trop de marqueurs ou ceux de la fenêtre de Préférences d’utilisateur quand on revient sur Final Cut Pro après être passé sur un autre logiciel. Les grands classiques sont immortels.

Cela dit, pour ne pas faire que cracher dans la soupe, j’avoue qu’il y a deux ou trois nouveautés bienvenues qui font leur arrivée dans l’interface de notre logiciel de montage préféré.

Tout d’abord l’apparition d’une petite icône dans l’onglet du projet pour le différencier des onglets de chutiers. Ensuite, ces derniers peuvent être réorganisés et peuvent même arborer des couleurs, ce qui facilitera encore leur identification et leur manipulation. Dieu est dans les détails.

A part cela, il n’y a pas de grands changements dans l’interface. Il est vrai que les quatre fenêtres principales restent toujours bien pensées dans leur fonctionnalités mais il aurait été sympathique de revoir un peu l’esthétique et surtout, de permettre de grossir les inscriptions qui sont quasiment subliminales sur un écran 30′.

Go, Man Go !
Il y a tout de même quelques nouveautés dans cette version 7. Et certaines très bien vues.

    * Marquer son territoire

En premier lieu, même si cela ne vous paraîtra pas spectaculaire, Final Cut Pro permet d’assigner des couleurs aux marqueurs. Marqueurs que l’on peut maintenant nommer pendant la lecture d’un plan. Il est même possible de les déplacer ou les effacer à la souris en appuyant en même temps sur la touche Pomme.

Enfin, toujours au chapitre des marqueurs, la Timeline se dote d’une fonctionnalité appelée Marqueur de séquence Ripple, ce qui ne signifie absolument rien mais s’avère très pratique puisqu’elle permet de déplacer les marqueurs de séquences suivant que vous rallongez ou raccourcissiez votre montage. Et tout ça c’est bien. Si si !

Il semblerait donc que la firme de Cupertino écoute de nouveau les doléances des utilisateurs. Est-ce un nouveau virement de bord ? En tout cas, on ne va pas s’en plaindre. Surtout qu’Apple a aussi implémenté deux fonctionnalités qui faisaient fantasmer les monteurs depuis longtemps.

    * Mais quelle heure est-il ?

Longtemps, je me suis couché de bonne heure le monteur Final Cut Pro s’est senti bien seul quand il devait donner le timecode d’un plan. Il faut dire que ce dernier était écrit en tout petit. Maintenant, c’est fini. Apple vient d’ajouter à son logiciel une grosse fenêtre de Timecode dont le look n’est pas sans rappeler la palette flottante de Motion ou celle de synchronisation de Soundtrack Pro.

À noter qu’il est possible aussi d’afficher le timecode de la séquence, d’un plan ainsi que les timecodes auxiliaires. Très pratique tout ça.

    * Fondus à volonté

Deuxième grande demande des monteurs : la possibilité d’appliquer des fondus ou des transitions sur plusieurs plans (images et sons) en même temps. Hé bien, ça y est ! Dieu a entendu nos prières.

Tout d’abord, il est maintenant possible de glisser une transition sur le plan et non sur la coupe pour l’appliquer de part et d’autres du plan. L’exemple ci-dessous est pour le moins parlant.

Ensuite, si vous sélectionnez plusieurs plans et que vous glissez une transition sur un des plan (et non sur la coupe), cette dernière va s’appliquer partout sur votre sélection. Cela marche aussi avec les raccourcis clavier et entre les point In et Out sur la Timeline (même si dans ce cas, il vous faudra passer par le menu Effets).

Un gain de temps considérable et une occasion en moins pour les Avidiens de se moquer de nous. Et toc !

    * Les exports pour The Rest of Us

Autre nouveauté, elle aussi importante : il est dorénavant possible de faire des exports par lot (ou pas) en tache de fond. Voilà qui va permettre à certains d’entre vous de rentrer plus tôt.

Pour cela, il faut passer par la nouvelle option Partager du menu Fichier. Venue de nulle part, une fenêtre très simple apparaît et vous permet de lancer des compressions pour iPhone, Apple TV (pourquoi diable ferais-je un truc pareil ?), DVD et même Blu-Ray. Pour ce dernier format, puisqu’il n’existe pas de logiciel dans la suite qui permette de faire de l’authoring de Blu-Ray, il est possible d’en créer un directement à partir de cette nouvelle fenêtre. En revanche, la présentation risque d’être un peu janséniste.

À noter que même s’il est possible des faire des exports en utilisant les codecs MPEG1, 2 et 4 ainsi que le H264, la meilleure manière de sortir un fichier pour internet reste de passer par la Conversion Quicktime qui recèle déjà des pré-réglages tout à fait pertinents pour ce médium.

    * On a enfin compris le Time Remap !

La version 7 a aussi été l’occasion pour les ingénieurs d’Apple de revoir sérieusement l’outil de Time Remap. Pour faire simple, cet outil ne servait à rien avant puisque quand une partie du plan était accéléré, l’autre partie devait automatiquement être ralenti. Il était impossible de revenir à la vitesse normale. Mais heureusement, au bout de quatre ans, quelqu’un s’est penché sur le problème et maintenant, cet effet de rampe est à porté de click. Pour la peine une nouvelle fenêtre fait son apparition permettant, entre autre, d’adoucir les passages d’une cadence à une autre.

Un petit bémol toutefois : le tout se révèle assez compliqué à utiliser et il vous faudra passer par les outils de la Timeline ou du Visualiseur si vous voulez obtenir l’effet désiré.

    * La dynastie ProRes

En général, Apple  est plutôt doué pour donner des noms cools à leur produit : iPhone, Macbook, iPod Nano, open Timeline. Les seuls qui semblent ne pas avoir le droit à ce traitement de faveur sont les codecs de la famille Apple Pro Res. Il faut avouer que ça n’est pas très beau. Mais d’un autre côté, le codec DNX de chez Avid n’est pas mieux loti.

C’est d’autant plus dommage que les codecs Apple Pro Res 422 et Apple Pro Res 422 (HQ) sont une vraie bonne idée. Devant la multitude des formats vidéo HD (avec ou sans GOP, en 10 bits ou 8 bits, en 422 ou en 420 en vrai 1920×1080 ou en faux, etc…), il y a de quoi se perdre et Apple Pro Res offre une bonne solution pour rationaliser tout ça.

D’une part, ces codecs permettent de faire du montage offline à partir de HDCAM SR en gardant une bonne qualité tout en baissant significativement le poids. Ils permettent aussi de faire du montage online pour tous les autres formats une fois que ceux-ci sont capturés dans un de ces codecs. Par exemple le HDCAM ne perd pas de qualité en Apple Pro Res 422, de même pour l’AVC Intra en Apple Pro Res 422 (HQ).

D’autre part, il accélère notablement le travail avec les formats GOPPÉS (beurk !) tout en stabilisant leur qualité qui a tendance à fléchir significativement quand on leur ajoute des effets.

La version 7 de Final Cut Pro élargit la famille des codecs Apple Pro Res, quitte à la rendre un peu plus abstraite. Les voici pour vous, en exclusivité :
– le ProRes 4444 qui permet de gérer la couche alpha et garde une qualité maximale.
– le ProRes LT, plus léger que ses frères et plutôt destiné pour le news. En effet, tout en gardant une qualité correcte pour un débit tournant autour des 9Mo/s, le calculs des effets peut s’avérer sensiblement plus rapide. Entre 13% et 95% plus vite selon nos tests (même si j’avoue, je n’ai pas tout testé)
– le ProRes Proxy exclusivement destiné au montage offline sur des machines ayant des disques durs relativement lents comme ceux des Macbooks. De plus cette version du codec est très légère (aux alentours de 3,8 Mo/s) et bien plus rapide à traiter que ce grand frère l’Apple Pro Res 422. Entre 250% et 450% plus rapide.

    * Dans une coquille de noix

Il y a bien d’autres nouveautés. Une centaine paraît-il. Nous ne pouvons pas les aborder toutes ici. Sinon, que nous resterait-il à vous apprendre lors de nos formations ?

Signalons quand même deux ou trois petites choses en plus.

Il est maintenant possible d’importer et de lire directement en AVC INTRA sans le transformer en Apple Pro Res comme c’était le cas avant. Attention, j’ai bien dit «importer et lire», pas «monter». En effet, le montage se fera dans une Timeline en Apple Pro Res ce qui nécessitera des rendus en définitive (le montage est en mode Preview). Bizarre, non ? Autant le convertir directement à l’ingest, on perd un peu de place mais le temps de calcul sera sûrement réduit.

Il semblerait aussi que les codecs du HDV et XDCAM HD/422/EX/R2D2 aient été optimisés pour être plus rapides. Hélas, je n’ai pas pu encore réaliser d’essais. Et si vous me voyez en faire pour le plaisir, s’il vous plaît, tuez-moi tout de suite.

Sinon, il est maintenant possible de faire des transitions utilisant un plan et sa couche alpha (d’ailleurs Apple en fournit des exemples sur son site). Ajoutez à cela quelques nouveaux effets (comme l’effet Vieux Film pour donner un look très très très très rétro à vos images) et la possibilité de montrer votre travail via iChat à une tierce personne et vous aurez une petite idée des nouveautés principales de la nouvelle version de Final Cut Pro.

 

Sweet and Tender Hooligan

Pour résumer, la version 7 de Final Cut Pro n’est pas une révolution mais certaines de ses évolutions sont les bienvenues tant elles étaient demandées depuis bien longtemps déjà. Apple continuera-t-elle à écouter ses utilisateurs (professionnels si possible) ? Je ne le sais point et ne feins de l’ignorer. Peut-être allons-nous pouvoir bientôt faire des rendus et les captures en tâche de fond, ou encore pouvoir identifiés les plans ayant un effet sur la Timeline, changer la taille de l’interface, avoir un éditeur de texte digne de ce nom, une aide en ligne qui ne rame moins (elle va chercher les infos sur internet au lieu d’utiliser celles installées avec l’application) et dans une langue parlée sur Terre…

Allez savoir, l’avenir est un mystère et demain est déjà passé.

Vincent Coste

Plus d’infos directement chez Apple : http://www.apple.com/fr/finalcutstudio/

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