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Avid Media Composer 5.5

Avid Media Composer 5.5

Une mise à jour surtout riche en améliorations matérielles ?

Acteur historique du montage virtuel, Avid continue de faire évoluer son logiciel phare de montage vidéo, MediaComposer, pour le maintenir comme référence du monde broadcast, principalement en fiction, magasine et flux… A l’opposé de son principal concurrent (Apple Final Cut Pro), Avid ne bouleverse jamais les habitudes de ses utilisateurs, et ceci pour leur plus grand bonheur : retrouver toujours les mêmes raccourcis, les mêmes outils, tout en essayant de proposer des évolutions adaptées aux nouveaux formats, ainsi qu’aux métiers, qui vont vers la polyvalence et toujours plus de productivité. C’est un avantage (pour les monteurs fidèles à Avid), mais c’est aussi une difficulté : pouvoir faire évoluer un outil sans le bouleverser, lui ajouter des fonctions sans le rendre opaque ou trop mystérieux. Depuis la version 4, Avid a compris que MediaComposer devait apprendre de ses concurrents et ne pouvait pas rester isolé des autres outils ou workflows – After Effects, étalonnage, QuickTime, ProRes…

Le hardware : ouverture, évolution et toujours plus de puissance…

MediaComposer peut fonctionner tout seul (version “software”) avec les rushes numérisés par une autre station (mais des performances un peu faibles), ou bien entendu avec les interfaces Avid, Mojo ou Nitris, mais depuis un certain aussi avec les boîtiers Matrox MXO2. La version 5.5 introduit un nouveau boîtier compatible, le AJA IO Express, adapté à des formats modernes, et très économique. MediaComposer est utilisable seul (version software), avec un périphérique firewire, et a fiortiori avec les formats sans cassette (Reflex, XDcam HD, P2, AVCHD, Red…) – trois configurations modernes, assez économiques. A l’opposé, les interfaces Avid (Mojo, mais surtout Nitris) apportent non seulement des entrées/sorties (audio, vidéo, timecode…) mais surtout une accélération des processus à calculer : effets, conversions, codecs…

L’interface Nitris voit ainsi arriver une version supérieure à peine plus chère, Nitris DX Avc Intra, qui, comme son nom l’indique, gère de manière accélérée le codec Avc Intra de Panasonic (10 bits 422, peu compressé), et avec des performances supérieures. Avec les Nitrix, on peut d’ailleurs aussi désormais gérer du RGB 4:4:4.

Le module AMA (Avid Media Access), qui permet de gérer les données de cartes mémoire, s’améliore, notamment avec l’accès possible par réseau ethernet à des magnétoscopes HDCam SR, rendant possible le transfert des données, désormais sans interface matérielle d’acquisition ! AMA gère aussi des rushes R3D sans devoir passer par Metafuze, idem pour les codecs H264 et ProRes désormais gérables facilement. Pour l’AVCHD on doit cependant encore passer par la case “import”.

Pour la gestion de rushes stéréoscopiques, Metafuze reste obligatoire, mais permet facilement à un monteur de gérer sur MediaComposer un projet relief, avec montage possible en 2D, visualisation en 2D ou 3D. Pas besoin de matériel Avid spécifique puisque MediaComposer gère le side by side… à part bien sûr le moniteur 3D obligatoire. Mais une TV 3D (3 fois moins on onéreuse) suffira. La confo est encore extérieure.

Côté périphériques, Avid est désormais compatible avec les consoles Euphonix, renommées Avid Artist Control, Avid Artist Transport, Avid Artist Mix, des pupitres dédiés au contrôle de la lecture, du son et des effets/de la couleur.

MediaComposer et ProTools peuvent aussi mieux collaborer, à la condition d’avoir au moins un Mojo DX : on pourra asservir un MC au ProTools, pour mixer avec une superbe sortie vidéo, ou utiliser une MBox 3, et sortir 16 canaux audio simultanés,…

Les outils : smart tools, trim, link, RTAS…

Les smart tools ont été revisités et améliorés – il s’agit des outils qui se trouvaient en bas de la timeline et qui sont désormais dans un onglet spécifique à gauche. Par défaut tous les outils sont sélectionnés, et en fonction du positionnement de la souris sur la timeline (sur un plan, sur une coupe), un outil correspondant s’active (le trim,…). On trouve un nouveau trim : Overwrite Trim crée du noir et évite les désynchros, très pratique pour les débutants.

L’outil Link Selection Toggle relie les pistes d’un même plan, très pratique pour les déplacements.

RTAS (real time audio suite) est un nouvel outil son, qui correspond à un équivalent sur ProTools. Il permet de positionner en temps réel des effets (maxi 5) sur une piste entière. Et on note l’arrivée de 20 plug ins d’effets.

La recherche expert autorise des recherches globales d’un contenu texte, de manière large et puissante.

Le plug in optionnel Phrase Find se voit amélioré – afin de faire des recherches phonétiques automatiques (sans texte retranscrit) dans des rushes et montages incluant des dialogues importants. Les changements apportent plus de puissance, plus de souplesse en recherche.

Chaque mise à jour de MediaComposer apporte son adaptation aux bouleversements de workflow et de formats, et ses jolis petits “cailloux” peaufinant les fonctions tellement appréciées par les monteurs et monteuses. Si Avid reste très présent sur les configurations broadcast, la nouvelle version de Final Cut Pro X, tellement bouleversée et immature, risque de profiter à MediaComposer. En témoigne une offre aux utilisateurs Final Cut, désormais illimitée dans le temps : MediaComposer est vendu à 1099 Euros HT (au lieu de 1795). On espère que Avid profitera davantage de ces bouleversements du paysage, pour faire de la prochaine version 6, une version définitivement indépendante du hardware, utilisant enfin les possibilités des CPU et GPU (cartes graphiques)… mais dans la continuité ergonomique qui a fait le succès d’Avid.

Nadine Mahé & James Simon

 

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