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After Effects de CC 2017 à CC 2018, dossier complet


Tout savoir sur After Effects CC, de 2017 à 2018

par Stéphane Prince, truquiste, formateur et expert certifié Adobe After Effects.

Splash Screen After Effects 2018
Splash Screen After Effects 2018

Les versions d’After Effects ne donnent plus lieu à de grands efforts de communication de la part d’Adobe comme c’était le cas avant le Creative Cloud.

L’éditeur américain mène de front l’élevage et la reproduction d’un vaste troupeau de logiciels… et le système des mises à jour semi-automatiques rend inutile et quasi impossible ce genre de communication. Pour autant, comme on va le voir, les mises à jour régulières apportent toujours leur lot de nouveautés et modifient parfois en profondeur la façon dont on doit considérer After Effects.

Pour essayer d’y voir clair, nous allons remonter un peu dans le temps et étudier les mutations du logiciel sur une période allant d’avril 2017 à avril 2018, soit 4 mises à jour :

  • CC 2017 version 14 (avril 2017)
  • CC 2018 version 15.0.0  (octobre 2017)
  • CC 2018 version  15.0.1 (janvier 2018)
  • CC 2018 version 15.1 (avril 2018)
Splash Screen After Effects 2017
Splash Screen After Effects 2017

Les objets graphiques essentiels 

Sous ce nom barbare se cache une petite révolution qui est pourtant passée inaperçue lorsqu’elle est apparue avec la CC 2017. Il s’agit d’un panneau dans lequel on peut reporter des propriétés présentes dans les compositions du projet. A première vue, rien de spectaculaire. Pourtant, le concept qui sous-tend cette innovation dirige After Effects vers une nouvelle voie, celle des modèles, des Templates (en anglais dans le texte). Grâce aux Objets Graphiques Essentiels, le motion design passe doucement de l’ère de la haute couture à celle du prêt-à-porter.

Le panneau Objets Graphiques Essentiels contient tous les paramètres nécessaires pour adapter cette animation d’apparition du texte
Le panneau Objets Graphiques Essentiels contient tous les paramètres nécessaires pour adapter cette animation d’apparition du texte

Concrètement, la même fenêtre Objets Graphiques Essentiels existe dans After Effects et dans Premiere Pro.
Tous les paramètres sélectionnés par le concepteur du modèle y sont présents sous formes de glissières, de cases à cocher ou de menus déroulants, et peuvent être modifiés par un simple cliquer/glisser. On peut changer aussi bien l’épaisseur d’un trait que le contenu d’un texte, en passant par les caractéristiques typographiques, l’intensité d’un effet, bref tout ce qui est utile pour personnaliser l’animation. Seul hic pour l’instant : impossible de placer des images clés dans Premiere Pro.

On retrouve le modèle dans le même panneau Objets graphiques essentiels
On retrouve le modèle dans le même panneau Objets graphiques essentiels

Si jamais un paramètre doit évoluer dans le temps, c’est dans After Effects qu’il faut le préparer. On peut néanmoins avoir recours aux expressions pour contrôler la vitesse d’animation d’un paramètre. Enfin, il est à noter que dans beaucoup de cas After Effects et Premiere Pro n’ont pas à être installés sur la même machine. Cela n’est évidemment pas valable si vos compositions font intervenir des plug-ins tiers (Trapcode, etc.), et quelques effets parmi lesquels Marionnette.

Alors bien entendu, les monteurs sont les premières cibles, mais le concept va au-delà. Dans After Effects, on peut préparer des projets destinés par exemple à des animateurs, en ayant soin d’avoir placé dans la fenêtre Objets Graphiques Essentiels des sliders qui contrôlent tout un tas de paramètres comme l’épaisseur des traits, leur couleur, la profondeur des ombres, etc. Ce genre de pré-prod nécessitait jusqu’à présent l’usage extensif de la programmation de scripts ou carrément de plug-ins. Ce n’est plus forcément le cas.

 

Propriétés maîtresses 

Pour accompagner la fabrication de ces modèles, la version CC 2018 a introduit un nouvel outil qui permet à After Effects de manipuler les compositions imbriquées comme des instances avec une grande souplesse. Il s’agit des propriétés maîtresses, qui apparaissent dans la timeline d’After Effects sous la dénomination propriétés principales.

Les propriétés principales issues de la composition imbriquée. Les boutons à droite permettent de faire remonter ou descendre les modifications dans l'arborescence.
Les propriétés principales issues de la composition imbriquée. Les boutons à droite permettent de faire remonter ou descendre les modifications dans l’arborescence.

Leur objet est simple : permettre d’accéder à certains paramètres contenus dans des compositions imbriquées sans avoir à les ouvrir.
On le sait, la synchronisation entre les propriétés est le nerf de la guerre de l’animation graphique. Or, jusqu’ici, il était assez compliqué de synchroniser des paramètres disséminés dans plusieurs compositions. C’est là que ça se complique…

Comme le concept des propriétés maîtresses n’est pas évident, nous allons prendre un exemple. Imaginons une composition que l’on va appeler composition Titre. Cette composition est imbriquée dans deux compositions A et B. On suppose maintenant qu’il y a deux paramètres importants dans cette composition Titre : le paramètre qui fait apparaître les caractères et celui qui règle la couleur du texte. En désignant ces deux propriétés comme propriétés maîtresses, on garde la possibilité de régler directement depuis les compositions A et B, c’est-à-dire d’avoir une dynamique d’apparition du texte différente entre les deux compositions et des couleurs différentes.

Ici, on peut voir 3 compositions imbriquées provenant de la même source, et pourtant, on a pu changer le texte et la couleur du cadre de chaque instance directement dans la composition principale, sans avoir à dupliquer la composition source.
Ici, on peut voir 3 compositions imbriquées provenant de la même source, et pourtant, on a pu changer le texte et la couleur du cadre de chaque instance directement dans la composition principale, sans avoir à dupliquer la composition source.

Ceci est une petite révolution, car jusqu’alors, on aurait été obligé de dupliquer la composition Titre pour avoir deux comportements différents. Oui je sais… c’est un peu compliqué mais vous verrez qu’avec une petit exercice tout ça n’est pas insurmontable (suivez mon regard).

À l’inverse, on peut aussi transformer la composition titre depuis la composition A ou la composition B de façon à ce que la transformation soit répercutée dans toutes les compositions qui contiennent la composition Titre. Vous pouvez répéter cette phrase si vous avez du mal à vous endormir le soir.

Pour résumer, les propriétés maîtresses permettent de piloter des compositions imbriquées et de fabriquer des templates (modèles) plus sophistiqués.

 

 

Animations orientées données 

Depuis la version CC 2018, After Effects est capable d’exploiter directement des données stockées sur des fichiers extérieurs. L’objectif est de faciliter la datatviz, c’est à dire la représentation graphique de données. Ici, il s’agit de tirer parti directement des informations stockées dans un fichier de type tableur, mais pas seulement. Le premier format à avoir été pris en compte par After Effects 2018 a été le JSON (prononcer djay’zone, Jason en anglais) pour JavaScript Object Notation. Ce format est aussi bien adapté à certaines bases de données qu’au bon vieux tableau Excel. Plus récemment, Adobe a inclut les formats TSV et CSV.

Fichier Json
Fichier Json
le même en CSV !
le même en CSV !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sachez cependant qu’il existe des sites internet (csvjson.com par exemple) qui convertissent gratuitement les formats entre eux puisqu’il s’agit essentiellement de variations de conventions d’écriture et non pas de structure. Reste que le Json est le plus adapté dans la mesure où il est directement écrit en Javascript (d’où son nom) et que justement il va être nettement question des expressions dans la manipulation des données et leur visualisation.

Il y a plusieurs façons d’exploiter les informations contenues dans ces fameux fichiers. La première consiste à venir directement chercher au moyen d’une expression les données voulues. On peut carrément les extraire du métrage (dans la fenêtre de projet) sans avoir à importer dans la composition. C’est plus élégant, mais ça suppose une connaissance du Javascript assez poussée.

Importation de fichier Json
Importation de fichier Json

Et pour les courageux, il est même possible d’aller puiser les datas dans un fichier sans même l’importer dans After Effects… la classe totale. Evidemment, toute modification apportée au fichier de données sera immédiatement répercutée dans After Effects sans qu’il soit besoin de rafraîchir quoi que ce soit. Une autre façon de faire,  plus simple, est de glisser le fichier JSON dans la Timeline, comme n’importe quel calque. After Effects se charge alors de fabriquer autant de paramètres qu’il y a de données dans le tableau et classe tout ce beau monde dans une nouvelle catégorie appelée judicieusement Données.

Calques créés suite à l'importation d'un fichier Json
Calques créés suite à l’importation d’un fichier Json

Ces propriétés sont alors disponibles pour être reliées via des expressions à des propriétés d’effets de géométrie, etc. Pour résumer, sans les expressions, on ne peut pas faire grand chose de ces fichier JSON et autres.

Exemple des propriétés d'expressions importées sur des effets de géométrie
Exemple des propriétés d’expressions importées sur des effets de géométrie

 

Manipulation des sommets des tracés. 

Jusqu’à présent, les sommets des tracés vectoriels, que ce soit des masques ou des calques de formes ne pouvaient être manipulés que graphiquement. Ils n’avaient pas d’existence autonome et étaient regroupés au sein d’un paramètre de tracé global. Or, si l’on regarde un peu l’évolution d’After Effects dans les paragraphes précédents, il est évident que la construction de courbes, tout comme l’utilisation des données par des plugins tiers tels que Plexus ou 3D Stroke repose sur la possibilité de construire des tracés à partir de valeurs et plus seulement à la force du poignet. Adobe a donc tout simplement rajouté dans son catalogue d’expressions la possibilité de manipuler les paramètres des tracés tels que les coordonnées des sommets et des tangentes.

Les sommets du masque suivent la position des objets nuls, un effet trait matérialise le tout.
Les sommets du masque suivent la position des objets nuls, un effet trait matérialise le tout.

Et pour couronner le tout, Adobe s’est fendu d’un petit billet pour racheter un script qui permet de relier les sommets des tracés à des objets nuls. Vu la tête du Script et sa localisation dans l’interface (en bas du menu fenêtre), on comprend qu’ils ont dû faire tout ça en toute hâte : “Diable ! Roger nous devons présenter la nouvelle mise à jour d’After Effects aujourd’hui, je suis sûr qu’on a oublié quelque chose, j’avais pourtant laissé un post-It sur le frigo mais je ne le vois plus “. Quelque chose dans ce genre… Quoi qu’il en soit, ces nouvelles fonctionnalités ouvrent des perspectives énormes aux graphistes pour peu qu’ils aient des notions en matière d’expression (décidément…), en particulier pour tout ce qui concerne la DataViz.

 

Expressions again 

Vous l’aurez compris, les expressions sont au coeur des nouveautés présentées plus haut. Elles bénéficient elles aussi de menues améliorations sympathiques, ou plutôt de simplifications. Tout ce qui suit existait déjà, mais nécessitait de mettre, comme on dit, les mains dans le cambouis. Pour commencer, il suffit désormais de glisser une propriété directement dans la fenêtre de composition pour créer un calque de texte qui affiche la valeur de la dite propriété. Cela n’est pas révolutionnaire, mais quand on se sert des expressions, il est très pratique de pouvoir afficher des valeurs directement sous forme de texte plutot que d’aller les lire dans la timeline. …en particulier lorsqu’on utilise les paramètres glissières afin de comprendre l’évolution d’une variable à l’intérieur d’une expression… Je me comprends.

A votre droite, les nouveaux zigouigouis
A votre droite, les nouveaux zigouigouis

L’autre surprise, c’est l’apparition d’un zigouigoui (comme celui des expressions et des liens de parenté) en face de chaque propriété. Ces nouveaux zigouigoui (que certains appellent à tort des spirales) sont situés dans la colonne Parent qui pour l’occasion a été rebaptisée Parent et lien. Lorsqu’on se sert de cet outil pour désigner une autre propriété, After Effects, dans un grand élan de générosité, écrit l’expression du lien ainsi créé. Ca évite de faire Alt+clic sur le chronomètre puis d’utiliser le zigouigoui historique des expressions.

 

Virtual Reality 

Adobe a racheté une partie des plugins développés par Mettle pour la postproduction d’images VR.
La suite d’effets autrefois dénommée Skybox est donc intégrée à After Effects depuis CC 2018, regroupée dans la catégorie Vidéo Immersive des effets.

On y trouve notamment un bruit fractal VR, un glitch VR, quelques autres effets de ce genre qui s’appliquent directement sur le format équirectangulaire.

 Liste des effets VR
Liste des effets VR
Le magnifique effet dégradé de couleurs VR
Le magnifique effet dégradé de couleurs VR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sans dénigrer leur importance, c’est surtout le script VR Comp Editor que l’on utilisera pour exercer ses talents de Motion Designer dans l’espace 360. Très complet, ce script permet de nombreuses actions : de la simple retouche à l’ajout de texte, en passant par la stabilisation, le travail sur les particules… et j’en passe.

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Plus simple d’utilisation, l’effet convertisseur VR est aussi très pratique pour éliminer la trace du pied de la caméra, ou celle d’un drone. Il permet non seulement de passer d’équirectangulaire à cube éclaté, mais il modifie automatiquement la taille de la composition, et fait le chemin inverse pour restituer un équirectangulaire après trucage.

Attention cependant, la post-production VR nécessite un ordinateur puissant équipé d’une carte graphique OpenGL reconnue par After Effects. En effet, tous les effets VR sont désormais accélérés par GPU, ce qui n’est pas du luxe quand on considère la taille des compositions qui sont en général en 4096×2048, si ce n’est plus.

foto 18

Une amélioration de la version 15.1 (avril 2018) permet de prévisualiser directement dans un casque VR sans passer par des solutions externes qui étaient, il faut bien le dire assez bancales, voire passablement énervantes. Malheureusement ce petit plus est réservé aux heureux possesseurs de casques HTC Vive sur Mac (HTC, Occulus Rift et Windows Mixed reality sur Windows).

 

Accélération GPU 

Toujours dans la même veine, Adobe travaille à accélérer le rendus des animations grâce l’utilisation du GPU (la carte graphique).
De nombreux effets dont désormais accélérés : Ombre portée, Flou encadré accéléré, Bruit fractal, Gamme des dégradé, Niveaux, Niveaux (options individuelles), Géométrie, Effets VR, Flou directionnel. Sont concernés aussi les transformations des calques (position rotation, etc.), le flou de mouvement (ou flou de bougé, c’est selon) et l’échantillonnage bicubique. Reste qu’il est très difficile de mesurer l’accélération réelle car elle dépend énormément des cartes graphiques. On peut simplement constater que les effets VR sont pratiquement inutilisables si la carte graphique n’est pas capable de les prendre en charge. On va donc faire confiance…

 

Panneau Modes Lumetri 

Panneaux Lumetri sans After Effects 2018
Panneaux Lumetri sans After Effects 2018

Dans l’optique d’une harmonisation d’After Effects et de Première Pro, l’effet d’étalonnage Lumetri de Première Pro était apparu il y a peu dans After Effects. Pour ceux qui auraient raté cet épisode il s’agit d’un effet complet de correction colorimétrique, avec correcteur primaire et secondaire, avec une balance des blancs par pipette, un menu LUT, des courbes, etc.

La version 2017 a fini d’intégrer correctement cet outil en proposant un panneau dit Modes Lumetri qui affiche les instruments de mesures de la chromie de l’image nécessaires à un étalonnage précis. On peut afficher jusqu’à 5 instruments parmi un vectorscope TLS, un vectorscope YUV, un histogramme, une parade et une forme d’onde.

 

Raccourcis

On se réjouit de l’apparition d’un éditeur de raccourcis clavier très complet.
Une représentation graphique du clavier permet de visualiser les touches déjà prises, y compris en fonction des modificateurs, et les raccourcis sont modifiables très facilement. Ils sont classés par catégorie, mais surtout, il suffit de sélectionner une touche pour voir tous les raccourcis qui y sont associés avec les fonctions correspondantes. Ça, c’est très malin. On peut sauvegarder ses propres raccourcis dans un fichier et, cerise sur le gâteau, voir les raccourcis sur des claviers étrangers, comme le fameux Qwerty qui en a déconcerté plus d’un. Bref, c’est très fonctionnel et ergonomique.

 

Et aussi…

En dehors de ces améliorations, que l‘on qualifiera sans hésitation de majeures, une multitudes de petites choses viennent agrémenter les longues soirées d’hiver du graphiste solitaire.

On commence par le point d’ancrage que l’on peut maintenant caler au centre des masques et autres formes vectorielles. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous…

Ensuite, l’effet marionnette a changé, il est un peu plus doux, mais son ergonomie est plus discutable. Difficile de comprendre l’origine de ce lifting, mais quoi qu’il en soit, on peut toujours choisir de travailler avec l’ancienne mouture qui est proposée en option.

Un nouvel effet est apparu, l’effet Réduction flou tremblements appareil photo  (sans blague, c’est son nom réel). Comme son nom à rallonge le suggère, il est censé diminuer, voire éliminer un flou dû à la prise de vue, ce qu’on appelle le flou de bougé. Concrètement, les résultats sont assez vagues et le temps de calcul assez long, mais nul doute que cela s’améliorera.

Enfin, on signalera l’extension de la cadence maximum des compositions qui passe de 99 ips à 999 ips et la liste des polices disponibles dans le panneau Caractère qui affiche maintenant un aperçu de chaque police.
 

Dossier écrit par Stéphane Prince

 

Pour aller plus loin :

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Et voilà…

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