Actualités | Olivier Ravalet, chef opérateur, expert en workflow IA & tournages

Olivier Ravalet, chef opérateur, expert en workflow IA & tournages

Olivier, qui es-tu et que fais-tu ?

J’évolue dans le milieu de l’audiovisuel depuis près de 30 ans et je dirige ma propre société de production, VFNext (anciennement Video Facilities), depuis 18 ans.

J’ai commencé comme électro, directeur photo, chef opérateur, avant de devenir JRI et Grand Reporter. J’ai travaillé pour de nombreuses chaînes de télévision (France Télévisions, Eurosport, Warner Bros, Amazon Prime, etc…), mais aussi pour des ONG comme la FAO ou Médecins Sans Frontières et Save the Children.
Cela m’a amené à couvrir de très grands événements sportifs internationaux : les Jeux Olympiques, les Coupes du Monde de football et de rugby, ainsi que les tournois du Grand Chelem de tennis comme Roland-Garros, l’US Open et l’Australian Open.

Ce métier m’a également conduit à intervenir à l’international sur des terrains très difficiles ou des zones de conflits (Niger, Rwanda, Congo, Côte d’Ivoire, Burundi, etc…).

En parallèle, j’accompagne depuis des années de grands clients corporate comme Amazon, ArianeGroup, KPMG, la BNP le MEDEF, etc…. J’ai connu la vidéo quand elle était lourde et exigeante, et j’ai appris à m’adapter à tous ces univers.


Aujourd’hui, j’allie cette rigueur journalistique et technique aux nouveaux outils numériques. J’intègre quotidiennement l’Intelligence Artificielle dans mes flux de travail. Pour moi, l’IA n’est pas une « usine à contenus » qui viendrait remplacer notre œil , mais un véritable outil d’ingénierie.

Que ce soit pour structurer des projets complexes avec Gemini, Claude, NotebookLM, etc.. ou créer des jumeaux numériques pour mes clients avec HeyGen (dont je suis le premier partenaire agence en France) , ces outils me font gagner un temps précieux.


Je me suis d’ailleurs certifié auprès de Google sur l’usage professionnel de ces IA. La transmission a toujours été au cœur de ma démarche. J’ai d’ailleurs déjà eu le plaisir de former des professionnels aux techniques de prise de vue pour Video Design, ainsi que pour le diffuseur HBS lors des Coupes du Monde. En formation, mon approche est très concrète. Savoir manipuler une caméra dernier cri ou un smartphone est une chose, mais maîtriser la « grammaire de tournage » — comprendre pourquoi on alterne un plan large, un plan serré et un contre-champ — est indispensable pour ramener des images qui auront du sens et qui seront réellement exploitables au montage.

L’IA dans les métiers du journalisme et de la télévision : un grand remplaçant ?

Franchement, non. Mais je comprends que la question se pose.

Oui, certaines tâches se mécanisent: transcription, synthèse, écriture. C’est en cours dans les rédactions, je ne vais pas prétendre le contraire. Sauf qu’après trente ans de terrain, ce que je sais, c’est que l’IA ne sent pas qu’un interlocuteur retient quelque chose. Elle ne décide pas de rester une heure de plus parce que la lumière va basculer. Ces choses-là, elles ne se délèguent pas.

Là où je mesure un vrai changement dans ma pratique, c’est en amont et en aval du tournage : préparer un corpus, construire une trame d’interview, identifier les hooks dans un rush. Ce qui prenait une demi-journée se fait maintenant en une heure. L’outil ne choisit pas à ma place, il me donne de meilleures conditions pour choisir.

Le vrai risque, ce n’est donc pas d’être remplacé par une IA. C’est d’être remplacé par un confrère qui a pris le temps de comprendre ces outils, et qui, à compétences égales, travaille deux fois plus vite.

Comment est pensée ta formation par rapport à l’évolution des métiers ?

Je l’ai construite parce que j’ai vu, dans ma propre pratique, qu’il était possible de gagner vraiment du temps sur certaines tâches chronophages,la préparation documentaire, la construction des trames, le dérushage. Une fois que j’ai mesuré ce que ça changeait au quotidien, j’ai eu envie de transmettre cette méthode.

Ce que j’essaie de transmettre, ce n’est pas une liste d’outils. C’est une façon de les lire. Comprendre ce qu’un outil fait réellement, et surtout où s’arrête sa pertinence. Parce qu’un outil qui hallucine une citation ou déforme un propos sans que personne ne s’en rende compte, c’est un risque éditorial et parfois juridique.

Ce qui tient dans la durée, c’est la capacité à évaluer un nouvel outil, à l’adopter ou à le rejeter en sachant pourquoi. C’est cette autonomie-là que j’essaie de construire.

L’IA bien maîtrisée, c’est une vraie plus-value dans nos métiers. J’y crois parce que je le vis. Mais le mot clé, c’est « bien maîtrisée » et ça, ça s’apprend.

Formation IA et workflow vidéo, processus créatif pour journalistes & communicants : documenter, organiser, filmer et postproduire.

  • Organiser une base de données documentaire propre pour garantir une investigation IA fiable.
  • Conduire une investigation documentaire sans risque d’informations inventées, grâce à un environnement fermé (NotebookLM).
  • Rédiger des instructions claires (Prompts) pour définir un angle éditorial et structurer une interview.
  • Maîtriser la grammaire du tournage (valeurs de plans, règle des 180°) et l’adapter aux outils modernes.
  • Exploiter les fonctions IA embarquées dans les caméras et smartphones pour gagner en réactivité sur le terrain.
  • Transcrire automatiquement une interview et isoler les citations clés (Hooks).
  • Monter un ours et finaliser une vidéo sur Premiere ou DaVinci Resolve, en intégrant des outils d’optimisation IA (audio/vidéo).
  • Identifier les étapes du flux de production où la vérification humaine reste indispensable.

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