Kevin Berger

Kevin Berger a suivi le stage Shake (15 jours)

Kevin, qui es-tu et que fais-tu donc…?

Je travaille à L’EST (L’Etude et la Supervision des Trucages société de production d’effets spéciaux cinéma fondée par Christian Guillon) depuis 2000.
Après des études à Valenciennes (MST Arts et Communication, 2 années durant lesquelles j’ai fait beaucoup de vidéo), j’ai débuté en tant que graphiste 2D, compositing et effets visuels sur « Une hirondelle ne fait pas le Printemps » de Christian Carion/Nord-Ouest, « La grande vie » de Philippe Dajoux/Rascasse Productions, « Femme Fatale » de Brian de Palma/Quinta Communications.

En parallèle j’ai rédigé pour L’EST beaucoup d’études de faisabilité des trucages numériques, document qui se conçoit très en amont du tournage (voir même à l’écriture du scénario) afin d’établir un véritable cahier des charges techniques pour le tournage des plans truqués.
C’est très théorique, mais ça a l’avantage de te faire envisager toutes les multiples possibilités et solutions de fabrication d’un trucage à la prise de vue et en post-prod, puis de te former aux très longues réunions de production avec toutes les autres corporations qui élaborent un long-métrage.
Puis j’ai rapidement débuté l’assistanat de supervision VFX sur les tournages notamment avec le film « Le boulet » de Berberian-Forestier/La Petite Reine, pour la séquence de la grande roue, aussi sur le film « Vendredi soir » de Claire Denis/Arena Films, tout en continuant l’activité de graphiste sur ces mêmes films et d’autres.

J’ai été assistant superviseur sur les tournages de certains films (« Mauvais esprit », « Les fils du vent ») et sur d’autres : « La vraie vie des dalton » de Philippe Haïm/UGC. Sur ces tournages, c’est de la supervision technique pure. Et de temps en temps j’interviens aussi pour gérer des outils de visualisation des trucages en direct type mixette vidéo.

Aujourd’hui, je suis ce que l’on peut appeler au sein de L’EST, un « superviseur junior », ce qui me permet d’intervenir en tant qu’assistant sur les tournages ou lors de la production des effets (dans ce cas, en général je gère la production d’un effet intervenant dans plusieurs plans) sur des budgets de large envergure (plus de 50 plans truqués) comme sur « Le boulet » ou « La vraie vie des dalton » et « Les fils du vent ». Mais aussi de m’occuper seul de la supervision de films à moins gros budget. Alors j’interviens sur les tournages et je supervise également de plus en plus leur post-prod. C’était le cas sur « Le convoyeur » de Nicolas Boukhrief/Eskwad (12 plans). En ce moment je suis en post-prod de « Julie, Chevalier de Maupin » de Charlotte Brandström/Alma Productions, téléfilm de « prestige! » tourné en 16mm pour TF1, sur lequel il y a quand même environ une trentaine de plan truqués.

Peux-tu nous parler de tes projets récents les plus intéressants ?

Le plan « youssouf hélicoptère »…
C’était un véritable challenge de matcher deux prises. Une prise avec une flying cam. Nous avons tracé une ligne blanche au sol pour que le pilote puisse avancer de façon rectiligne vers le comédien, après il fallait s’en approcher frontalement le plus près possible sans le mettre en danger. L’autre prise au steadycam, l’opérateur suivait donc la même ligne au sol que l’hélicoptère jusqu’à son visage. La transition entre les deux prises s’est faite en fondu, retiming (accélération) et déformation warping, image par image à l’aide d’After Effects et Elastic Reality. C’est le plan le plus spectaculaire que j’ai fait et ça remonte à déjà pas mal de temps…

Gestion du flou caméra en post-production sur les « Fils du vent ».
Pas mal d’intégration de découvertes sur ce film, qui se passe à Bangkok, ambiance urbaine, néons de couleurs et enseignes lumineuses. D’après des images fixes de Bangkok, il s’agissait de gérer le flou caméra sur de multiples découvertes. Ce qui en soit n’est pas très compliqué, mais vu le nombre de plans, donc de découvertes, donc de flous souvent animés et la lourdeur des calculs (true caméra blur est très gourmand avec After)…. c’était assez laborieux !
Le plan de « Charles » (travelling arrière) est un peu du même ordre mais c’est un blur stylisé. En réalité le plan était flou à la prise de vue, ma proposition était donc d’utiliser les défauts intrinsèques du plan : utiliser le flou pour l’effet final. C’est théoriquement intéressant, je trouve, la tendance est plutôt l’inverse en post-production : lécher les images. C’était un plan extrêmement lourd à calculer, car j’ai utilisé du true caméra blur, de l’echo, du radial blur – tout ça animé à l’aide de multiples caches et couches, et traqué sur un grand nombre d’images (avec After Effects). Je trouve que le résultat est intéressant.

Le boulet…
Evidemment le tournage de la grande roue du Boulet.
Trois jours en bloquant les champs Elysés, la place de la concorde, le jardin des Tuileries, c’est classe. Un acteur principal invisible, des prises de vues à 5 caméras minimum, c’est dans ces moments là que je considère en apprendre le plus sur les effets spéciaux et la supervision.

Le convoyeur et la séquence des étincelles. Nicolas Boukhrief en voulait toujours plus : c’était chouette et motivant. Il s’agit d’une séquence d’action avec des explosions de flashballs. Les trucages, c’étaient d’harmoniser la séquence au niveau de l’étalonnage des flashes tout en les amplifiant (ils ont été tournés en réel pour la plupart), de faire exploser une de ces grenades, de faire péter un mec qui en a une dans son gilet pare-balle et de multiplier les étincelles qui font prendre feu au décor. Une séquence spectaculaire et des effets visuellement frappants et originaux, car c’est rare que l’on nous de demande toujours de saturer encore plus l’image jusqu’à ce qu’on ne distingue parfois plus rien, comme un vrai éblouissement finalement.

Quels outils utilises-tu ?

Au niveau des logiciels, à L’EST on est très Adobe. After Effects est notre logiciel de prédilection 2D. On a fondé la société avec et c’est toujours le plus utilisé. Nous produisons des images à 99% pour le cinéma donc pas besoin de temps réel ou de grosses machines multitâches. After c’est pas cher et ça tourne sur mac, voilà. Un peu de Commotion aussi…

Et Shake ?

Shake a des avantages flagrants. Le principe de « concatenation », la possibilité de calculer les filtres en 16 bits ou float, c’est un vrai logiciel de compositing pur et dur. Je suis de plus persuadé que ses calculs sont plus rapides et sans doute de meilleure qualité qu’un autre logiciel comme After-Effects… même s’il faudrait faire des tests. Mon opinio,n c’est que plus la conception de l’outil est récente, plus il est adapté… c’est logique. Shake a été pensé dès le départ comme une bonne plateforme mais surtout pour l’intégration 3D, ce qui va devenir de plus en plus utile. Pour ça, c’est le top, c’est un logiciel 2d axé 3d, alors qu’After, c’est un logiciel Adobe, plein de flitres, plugs, léger, de l’image fixe animée. Ce sont des philosophies différentes mais ça tu le sais aussi bien que moi… Mon avis sur Shake c’est que c’est très pro, du solide, que cela traite parfaitement des enjeux techniques du moment en 2d, premultiply, 16 bits et float, motion matte etc. Le problème c’est que c’est tellement bien que c’est cher. Pour nous à L’EST, on se pose encore des questions tout en sachant très bien qu’on va y passer car notre atelier 3d s’aggrandit de plus en plus. Mais bon voilà After (notre logiciel de prédilection) offre, en plus de son prix peu élevé encore beaucoup de possibilités, nous ne sommes pas encore techniquement limité avec lui. Nous allons rénover notre parc mac avec des G5 donc je pense qu’on va tester Shake sur une petite prod au départ pour voir si tout se passe bien, mais son prix est contraignant (Shake + G5 bipro = beaucoup d’argent au final). En conclusion Shake c’est bien si tu gères de la 3d sinon c’est une trop grosse machine, et trop cher. Ma position c’est d’installer Shake sur des G5 dans toute la boîte, je pense que je vais y arriver mais ce sera un peu long. Personnellement, je n’ai pas encore fait ma prod avec, car je ne voyais pas l’intérêt de bousculer les choses pour des trucages en vidéo… mais j’ai hâte !

PORTRAITS DE STAGIAIRES

Kevin Berger

Kevin Berger a suivi le stage Shake (15 jours)

François Possémé

François Possémé a suivi le stage Postproduction Vidéo Numérique (7 semaines)

Eric Do

Eric Do a suivi un stage Final Cut Pro.

Dominique Desalme

Dominique Desalme a suivi un stage DVD STUDIO PRO

Dom Pedro

Dom Pedro a suivi le stage Techniques de prise de vues HD, initiation longue

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