Napoléon(s) : de la propagande à la légende
HÔTEL DE ROHAN du 26 novembre 2004 au 6 juin 2005
NOS ACTIONS
Production complète des audiovisuels
Conception et réalisation
Tournage et montage d’interviews
Recherches de documents, numérisations
Création de deux spectacles géants, dont un spectacle Haute Définition, projeté depuis un ordinateur
Fabrication finale (DVD, fichier QuickTime HD).
LES ÉQUIPES
Conception et Recherches : Musée de l’histoire de France
Comité scientifique : Jean-Baptiste Auzel, Jacques-Olivier Boudon, Bernard Chevallier, Yvettes Lebrigand, Thierry Lentz, Christine Nougaret, Cécile Souchon
Scénographie : Yves Kneusé
Graphisme : Jocelyn Cottencin, assisté de Richard Louvet
Vidéo : Video Design
NOTRE ÉQUIPE
James Simon , réalisateur
François Le Nouëne, monteur truquiste / responsable technique
Philippe Radoux, chef opérateur
Fatima Da Costa, assistante de production
James Simon, superviseur technique et producteur exécutif

Le sacre de Napoléon. Spectacle vidéo haute définition.

Patrick Rambaud, écrivain. Le Roman de Napoléon.

Ariane James Sarazin. Du nouveau au musée de l'Histoire de France.

- Jean-Pierre Chevènement. Napoléon : entre république et dictature.

Maurice Agulhon, historien. Napoléon, héritier ou fossoyeur de la Révolution ?
I. NAPOLÉON CRÉATEUR DE SON PROPRE MYTHE
Bonaparte, dès Brumaire, parvint à s’imposer comme l’homme providentiel, assurant la défense de la patrie menacée et le retour à l’ordre après les excès révolutionnaires. Puis il lui fallut se maintenir au pouvoir, légitimer le régime par la guerre et justifier la guerre par la propagande. Il déclare à Metternich lors d’une entrevue à Dresde : “vos souverains, nés sur le trône, peuvent se laisser battre vingt fois et rentrer toujours dans leurs capitales : moi je ne le puis pas, parce que je suis un soldat parvenu”.
Dès la campagne d’Italie, les moyens de l’Ancien Régime (presse, affiches,guerre,arts,censure) et ceux de l’époque révolutionnaire (discours, fête,commémorations) fur
ent systématiquement utilisés par le jeune général, le Premier Consul, puis l’Empereur.
On peut distinguer trois moments de la propagande, inventés au fur et à mesure des besoins : héroïque, impérial et christique. Ascension acmé et chute : trois moments classiques d’une carrière de demi-dieu. En réaction à cette propagande se développa une légende noire de l’Empereur dont les excès mêmes contribuèrent à en faire un personnage d’exception au destin hors du commun.
III. LA MORT DU DEMI-DIEU
A Sainte-Hélène, Napoléon, dictant ses mémoires et son testament, se présenta comme héros rédempteur sacrifié pour le Salut de l’humanité. La postérité lui emboîta le pas jusqu’à forger, dans une interprétation visionnaire de l(histoire,un véritable “messianisme napoléonien”. Dès le couronnement, le régime avait pris une tournure sacrée : Napoléon était empereur “par la grâce de Dieu”. La saint Napoléon fixée au 15 août, jour anniversaire du souverain, avait pris allure de fête nationale. Aux yeux de certain la dimension surnaturelle du personnage rendait irrecevable la nouvelle de sa mort. Les thèses les plus fantaisistes se propagèrent. La dépouille de l’Empereur prenant valeur de relique, le retour auprès de son peuple devint un enjeu de politique intérieure et internationale. Le rapatriement des cendres suscita l’image de Napoléon sortant de son tombeau, survivant à sa destinée terrestre. L’ombre de l’Empereur continuait de planer sur le destin des peuples selon les paroles mêmes de l’Ajaccienne composée en 1848.
III. LE MYTHE CRÉATEUR DE NAPOLÉON
Sous la Restauration, le rappel d’une époque embellie par le souvenir faisait pièce à la grisaille du présent. La légende impériale fut d’abord liée à l’idée républicaine. Puis Napoléon III raviva le souvenir du Premier Empire à son profit. Le fossé se creusa alors entre Républicains, qui ne voyaient en Napoléon 1er que le sauveur des acquis de la Révolution, et les Bonapartistes, nostalgiques d’un pouvoir fort. Après 1870, rappeler la vaillance des soldats de la Grande Armée permettait de mobiliser les énergies pour récupérer l’Alsace-Lorraine. Entre les deux guerre mondiale, la figure de Napoléon servit à nouveau d’étendard aux bellicistes, notamment lors du centenaire de 1921.
Au début de la Restauration, le souvenir napoléonnien fut transmis plus ou moins clandestinement par les colporteurs et les demi-solde. La légende napoléonnienne fut populaire avant d’être littéraire. Le grand homme ne survivait pas seulement dans les oeuvres d’art, il devint aussi l’objet d’un véritable culte des reliques ou argument publicitaire.. De la pièce originale, vénérée comme souvenir, jusqu’au colifichet reproduit industriellement, l’image de l’Empereur, omniprésente, vacillait entre l’icône et le gadget.
