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Final Cut Pro 5 - explications et test vérité  
Les nouvelles versions de Final Cut Pro, Soundtrack Pro, Motion et DVD Studio Pro viennent d'arriver, le tout rassemblé dans le pack Final Cut Studio. Final Cut Pro 5 arrive avec des avancées très importantes, notamment le montage multicaméra et la gestion de nouveaux formats.

Final Cut Pro 5 ne bouleverse pas les bonnes habitudes qu'il a mises en place depuis 1999... Eh oui, déjà 6 ans ! Son interface n'a pas changé, son organisation et ses principes non plus. On notera une modernisation de la fenêtre de capture, plus rutilante, avec une gestion de l'audio plus immédiate et compréhensible. Les monteurs Final Cut ne seront pas perdus.
Final Cut Pro a su s'imposer en moins d'une année aux Etats Unis et en quelques années dans la plupart des structures indépendantes en France... Pour 1000 Euros environ, en un seul logiciel, Final Cut Pro propose du montage DV, SD, HD, cinéma, dans une logique équivalente aux Avid, mais avec une interface flexible (pas mono-modale), où une décision de montage peut se faire aussi bien par raccourci-clavier, clic sur un bouton, déplacement de souris, utilisation d'un outil... Un logiciel très agréable à utiliser, réactif. Final Cut Pro est par ailleurs un outil moderne, centré sur QuickTime, ouvert à bien des environnements et outils graphiques : création DVD, After Effects, Photoshop,... Il propose des fonctions d'étalonnage, d'habillage, d'animation, de trucage, extrêmement puissants et propres pour un logiciel de montage. Un de ses secrets est d'être écrit par Apple, qui maîtrise la fabrication des machines (Mac et seulement Mac !), le système d'exploitation et leur fonctionnement harmonieux. D'où des fonctions temps réel, des calculs 5 à 10 fois plus rapides que les autres solutions logicielles, et une puissance comparable aux solutions hardware les plus onéreuses...
Résumons rapidement ce que FCP sait déjà faire depuis plusieurs années :
- capture avec gestion timecode, en lot, renumérisation automatique de projets entiers; consolidation de projets, commande magnétoscopes DV, RS422/232 (beta,...) pour capture ou insert à l'image près.
- match frame, gestion des problèmes de synchro, montage avec split, trim sur autant de points de montage audio/vidéo que voulu...
- fonction speak, table de mixage temps réel
- timestreching temporel, multipistes, temps réel sans carte (sortie DV ou SD ou HD en temps réel)
- gestion de montages gigognes, compositing, keying, trucages multipistes et animation à la After Effects (points clés, gestion des vélocités, copier/coller des attributs...)
- correction couleur et étalonnage 3 voies de haute qualité, outils d'analyse pour PAD
- titreurs basiques ou Boris, temps réel, import Photoshop multicalques, format de plug ins AE,...
- imports/exports complets (OMF, XML, EDL), gestion de nombreux formats, diffusion multimédia, Mpeg 1,2,4, notamment pour DVD
- gestion des keycodes pour projets films
- très bons raccourcis et interface "humaine", flexible et réactive, personnalisation du clavier et de l'interface, gestion des préférences utilisateurs sur une même machine,...
- grande intégration avec outils livrés (Compressor, Live Type), Apple (Motion, Shake, Logic, DVD SP...) et tiers (ProTools, AE, Avid, Photoshop,...)

Cette mise à jour intervient au moment où Apple a introduit Xsan, solution de partage de données en réseau ultra-rapide (news, HD, projets partagés, chaînes TV)... et où les grosses structures françaises commencent enfin à se demander si Final Cut Pro est la solution à certaines de leurs questions... Voyons donc les nouveautés introduites par cette version 5 !


Le montage multicam est puissant et époustouflant !

Le montage multicaméra est une des nouveautés les plus attendues des utilisateurs de Final Cut Pro. Jusqu'alors, seule l'utilisation peu flexible du logiciel externe LiveCut permettait de travailler en temps réel à partir de plusieurs angles de prises de vues synchronisés.
Pour gérer le montage multicaméra, Final Cut Pro 5 introduit un nouvel objet, le multiplan, qui est composé des clips des différents angles synchronisés. La synchronisation peut s'effectuer de deux manières : par la coïncidence des timecodes entre les différents plans (lors de l'utilisation d'un générateur de timecode au tournage) ou par l'ajout de repères de synchronisation (repère visuel type clap au tournage). Le multiplan est un clip contenant plusieurs angles encapsulés et dont un seul ne peut être visible à la fois (celui-ci est appelé l'angle actif). Le montage se fait par le choix de cet angle actif, en temps réel ou non. Le multiplan est placé dans la timeline et lorsqu'il est ouvert dans le visualiseur, ce dernier donne l'apparence d'une régie temps réel, permettant de voir jusqu'à 16 angles simultanément. C'est à la lecture, par la souris ou au clavier que l'on choisit l'angle actif, Final Cut créant des marqueurs provisoires qui, à l'arrêt de la tête de lecture, vont se transformer en coupes dans le multiplan..
On peut ensuite revenir sur ce premier montage à l'aide des outils de trim habituels ou en refaisant des lectures en temps réel Le logiciel offre la possibilité d'agir indépendamment sur le son et l'image. Bien qu'un multiplan puisse contenir jusqu'à 128 angles audios ou vidéos, seul 16 peuvent être gérés en temps réel. Sur powerbook ou G5, on lit sans difficultés ces 16 angles en DV ! On notera enfin que le format d'export XML permet de conserver les multiplans. A l'usage, ce montage multicaméra se révèle fluide, rapidement intuitif, extrèmement flexible - en un mot, très agréable ! Très réussi !


QuickTime 7 intègre de nombreux nouveaux codecs : H264, HDV, P2, IMX…
Final Cut Pro 5 s'ouvre à de nouveaux formats de tournage : IMX, P2, HDV… Intégrés dans QuickTime 7 (sur lequel s'appuit FCP 5), donc accessibles à tous autres logiciels compatibles QuickTime, ces formats s'ajoutent à la longue liste des codecs nativement gérés par Final Cut. Rappelons que l'un des fondamentaux de Final Cut Pro est de traiter un format dans son codec natif, sans forcer à décompresser ou recompresser, sans perdre de temps ou de qualité; ce qui n'empêche pas Final Cut de proposer des codecs non compressés ou non destructifs, pour des calculs intermédiaires ou une postproduction haut de gamme sans concessions.
FCP 5 gère donc l'IMX - codec SONY, évolution du Beta SX, présent notamment sur le XDcam, en échantillonnage 4:2:2, doté d'une compression MPEG 2 (avec un GOP de 1) à 50Mb/s, pour un rendu qualitatif intéressant.
Le P2 correspond aux caméras Panasonic qui stockent sur cartouches à mémoire vive, en DVCPro 25, 50 ou «100» (= DVCPro HD).
Avec QuickTime 7, Final Cut Pro 5 sait désormais gérer et générer du H264, à savoir la seconde génération de codec Mpeg 4. Le H264 est un codec de bien meilleure qualité que le premier codec Mpeg4. H264 (alias Mpeg 4 AVC) est adapté à internet, aux diffusions multimédias, SD mais surtout HD. H264 est un des deux ou trois codecs de diffusion HD sur satellite, câble, TNT, internet ou DVD HD, permettant une très haute qualité de diffusion pour des débits particulièrement plus faibles que le Mpeg 2 HD. Attention, si FCP 5 gère et exporte en H264, il n'est toujours pas le meilleur outil pour fabriquer des fichiers optimisés pour internet. Sorenson Squeeze ou Compression Master sont toujours les couteaux suisse de la diffusion multimédia, même si Final Cut Pro s'en tire assez bien pour des usages «moyens » : preview client à distance, diffusions DVD ou télé HD.

Et la HD ? et le HDV ?  FCP 5 gère donc de manière native le HDV, de façon impressionnante, même si des défauts subsistent.
Rappelons que Final Cut Pro gère les formats HD (HDCam / HDCamSR, DVC Pro HD) en non compressé depuis belle lurette, avec l'adjonction de cartes HD (à partir 500€) et de stockage adapté aux débits (à partir de 4000€ ). Depuis sa version 4.5, Final Cut Pro gère les formats DVCPro HD dans leurs codecs et débits natifs, donc utilisables sans un stockage extrêmement contraignant.


FCP 5 gère le HDV de manière native…


Le HDV se monte et se truque en temps réel…

Final Cut Pro 5 traite le HDV de manière native. A la différence de nombreuses solutions concurrentes, qui capturent et transforment le HDV (Mpeg2 4:2:0 à 3,6Mo/s) en un codec plus facile à manipuler mais plus lourd, et avec des opérations de recompression dégradantes, Final Cut Pro 5 capture, monte et exporte en HDV natif ! QuickTime 7 incorpore les codecs et profils HDV (720p, 1080i,…). Tout logiciel compatible QuickTime peut lire et encoder en HDV, ce que nous avons vérifié, sans le moindre problème. Final Cut Pro 5 capture le HDV comme n'importe quel autre format (DV, SD…), de manière simple et rapide. Le montage se fait de manière fluide, à l'image près. Les opérations de recherche image par image, de trim… sont fluides, immédiates, sans aucun ralentissement. Attention, un powerbook ou un G4 minimum 1Ghz sont requis. Et le G5 (si possible bi-processeur) est particulièrement recommandé ! Si le HDV est un codec Mpeg2 (de GOP 12 images en 1080i) en 4:2:0, on notera que sa qualité d'image est exceptionnelle (comparable, voire supérieure en sortie de caméra aux HDCAM et DCPro HD)... Son débit est équivalent au DV, à savoir 3,6Mo/s en 1080i ! Le son (compressé) ne souffre pas de défauts particuliers. Final Cut Pro 5 parvient assez magiquement à manipuler des fichiers compressés temporellement, de manière native, à l'image près, et de façon parfaitement fluide ! Chapeau Apple ! L'application de filtres, transitions et trucages/compositing multicouches est géré en temps réel. Certes, on perdra plus vite le temps réel en HDV qu'en DV, les calculs étant forcément plus lourds, entre la taille de l'image (6 fois plus grande) et la complexité du codec HDV/Mpeg2. Mais cela marche !
On notera que l'implémentation des codecs et profils HDV est lacunaire. Si le 1080i existe en 50 images par seconde, on ne trouve pas de 720i/p en 24, 25 ou 50images… Par ailleurs, si Final Cut Pro capture le HDV en 1440x1080 pixels, tout autre logiciel (QuickTime Player, After Effects,…) voit ces fichiers comme étant 1920x1080, recquérant quelques manipulations supplémentaires pour bien gérer ce léger problème de description… Car tout va bien : un fichier QuickTime généré par After Effects en 1920x1080 sera parfaitement lu par Final Cut Pro, qui le verra d'ailleurs comme du 1440x1080 !
Nous avons fait des tests de calculs comparés entre séquences DV et HDV, avec transitions, étalonnage et/ou compositing. Un simple fondu enchaîné prend 5 à 100 (oui, 100 !) fois plus de temps en HDV qu'en DV... Il en est de même approximativement, avec d'autres transitions, des effets ou du compositing multicouches. Ce ralentissement est logique et relativement supportable, puisque tous les effets sont prévisualisés en temps réel... Pour les calculs finaux très longs, il faudra revenir aux nuits ou déjeuners de qualité, sans se presser...
Comment visualise-t-on du HDV ?  Nous avions le magnétoscope HDV Sony M10E (3500€ HT), un moniteur HD JVC (19 pouces, avec entrées YUV HD, environ 3000€ HT), deux moniteurs LCD 21pouces en DVI, l'ensemble étant relié à un G5 bi-processeur. On notera que le magnétoscope M10E est compatible en lecture et enregistrement avec les DV/DVCAM et HDV. Il sait down ou upconvertir HDV-DV, avec qualité. Il dispose d'entrées/sorties SD en composite et Y/C. Mais ses seules entrées/sorties HD sont malheureusement analogiques, en YUV. Lors de la capture, le moniteur HD nous montre ce qu'on dérushe et capture… A partir du moment où le HDV a été capturé et qu'on veut le lire depuis Final Cut Pro, aucune visualisation externe sur TV n'est possible ! C'est bien dommage, mais la puissance des machines et la complexité du codec HDV rendaient une sortie permanente par firewire (comme en DV) impossible !
Deux solutions existent actuellement : connecter un second moniteur informatique au Mac et utiliser la lecture vidéo par l'option digital cinema desktop preview. On obtient alors un preview plein écran, pixel pour pixel (voire grossi) de notre image HDV, en temps réel, et avec une grande qualité. On notera que les options de traitement de l'affichage dans ce mode de lecture ne sont pas parfaits, car, avec un moniteur supérieur au format HDV (1440x1080i), on se retrouve à devoir magnifier l'image, ce qui n'est pas toujours souhaitable. Autre solution : acheter une carte HD non compressée (par exemple Blackmagic DeckLink, ou AJA Kona…), un bas de gamme (ça commence à 530€ à la date d'écriture de ce test), qui permet une sortie haute définition YUV ou HD-SDI sur moniteur vidéo HD, depuis une simple timeline HDV ! En temps réel ! Et comme on travaille en HDV, pas besoin de stockage autre que les disques habituels, internes ou firewire.
Quelle qualité du codec HDV et des calculs ? Si on se contente de capturer, l'opération est non destructive, et aucune perte de qualité n'apparaît. Si on monte en cut, sans aucun calcul, le logiciel est obligé à la fin de recompresser les segments modifiés en montage, puisque le codec HDV est spatio-temporel, constitué de groupes de 12 images… Nous n'avons noté aucune perte de qualité, même 10 générations d'allers-retours capture/montage/export...
Si on applique des effets, du titrage, des transitions… sur des images lumineuses, avec des transformations n'agissant pas trop sur la couleur ni avec des couleurs « limite », le HDV recalculé s'avère très correct...
Mais, comme en DV, ou pire qu'en DV, avec des couleurs « limite » (par ex. rouges assez saturés…) ou dans les basses lumières, la recompression se voit… Sur un moniteur HD cathodique réglé aux normes de diffusion, la perte est peu visible, voire pas du tout, en tout cas pour un œil de spectateur normal… Avec un monitoring LCD sur Mac, où le gamma n'est pas le même et où l'image révèle davantage ses défauts, le HDV recalculé montre ses faiblesses de codec 4 :2 :0, mais aussi peut-être de méthode de calcul software par Apple… car en basses lumières, on voit de manière très visible des agrégats / mosaïques de compression qui fourmillent. Cependant, cette visualisation sur moniteur informatique réglé hors normes révèle des défauts de recompression (peu agréables, voire inaceptables !) qui ne sont pas visibles en diffusion sur TV cathodique (HD) réglée aux normes. Nous avouons que nous avons été fortement déçus par la perte de qualité en recompression. Une future mise à jour de QuickTime améliorera probablement cela, comme cela a été le cas avec les premières générations de codecs DV.



En sortie de caméra (relecture de K7) , le HDV est superbe. Malgré sa compression mpeg (spatio-temporelle), son échantillonnage 4:2:0 et son débit de 3,6Mo/s, pour une image de 1440x1080 pixels. Son piqué, son éclat, sa résolution évidemment, la qualité de ses couleurs... Malgré le 4:2:0, le bruit couleur n'est pas très élevé et le fourmillement couleur non plus.



Ici un détail agrandi à 400% sur un élément en couleur. En montage cut, malgré 10 générations successives entre Final Cut et un magnétoscope, avec des points de montage différents (donc recalcul du GOP), on ne note aucune différence de qualité ou de compression. Les macro-blocs de compression qu'on peut observer sur ce détail ne bruissent pas beaucoup et ne sont absolument pas visibles en diffusion HD (moniteur HD vidéo comme monitoring sur écran LCD pixel pour pixel). (Ils ont été révélés par un réglage du filtre niveaux sur Photoshop et par évidemment par leur agrandissement à 400%).


Après toute recompression due à l'application d'un effet, d'une transition, d'un titre... la qualité du HDV se dégrade énormément avec la version actuelle du codec HDV QuickTime 7.0.1 (nous avons essayé sous After Effects, en HDV "pal" et "ntsc" : mêmes résultats !). Ici, le détail a été zoomé et les défauts ont été exagérés par le réglage niveaux dans Photoshop. On observe des blocs de mosaïques de compression, spatialement, et surtout un mouvement de ces blocs dans le temps, qui donne un fourmillement très mauvais ! Ces défauts apparaissent surtout dans les zones en couleur (saturée), dans les basses lumières, notamment avec des fondus au noir... Rappelons qu'en monitoring sur écran LCD pixel pour pixel, mal réglé (trop lumineux), ces défauts se voient beaucoup, mais qu'en diffusion sur TV HD réglée aux normes, ils ne se voient pas... Un codec HDV à améliorer assez vite, merci !

Pour conclure sur le HDV, on signalera que la fonction de montage sur bande ne fonctionne pas en HDV… il faut passer par transfert sur bande et donc caler manuellement le magnétoscope ! Espérons que ceci sera également vite mis à jour. Enfin, avant tout export sur K7, il faudra attendre que Final Cut Pro 5 fasse son calcul final en HDV, qui doit manifestement consister en la ré-écriture des groupes d'images Mpeg2 HDV, pour obtenir un montage à l'image près. Mais cette délicate attention fait perdre un "peu" de temps : environ 30 minutes pour… 30 minutes de montage (aux effets déjà calculés), doublant donc le temps d'un transfert !
Enfin, si la qualité de recompression HDV propre à Final Cut Pro 5 est critiquable (comme le DV ? pire ? pour l'instant...?), on notera que la concurrence fait nettement moins bien. Si on décrypte les annonces officielles (Avid, Sony, Adobe, Canopus,...), aucun logiciel ne traite le HDV, ou ne le traite aussi bien que Final Cut Pro 5, qui a une très grande longueur d'avance. Entre ceux qui l'annoncent et dont l'astérisque le promet finalement pour un second semestre très flou… ceux qui le promeuvent mais incluent juste un plug in qui dysfonctionne en profils HD "pal" et en plus recompressé… ceux qui le gèrent de manière hardware mais en recompressant et/ou n'offrant pas de sortie HD réelle… Final Cut Pro 5 offre la meilleure approche : un traitement natif, temps réel, sans surcoût, dont certains défauts (transfert sur bande, qualité) sont très loins des problèmes rencontrés avec les outils de montage concurrents. Très loins !
On notera enfin qu'un traitement haut de gamme du format HDV est parfaitement possible. Par exemple avec une station Final Cut Pro HD non compressé. Il suffit d'ajouter le boîtier HDVConnect (par Convergent Designs) qui transforme à la volée les informations firewire en HD-SDI 4:2:2, avec un traitement haut de gamme. Prix d'une telle configuration : environ 25000€, matériel vidéo exclu.


la gestion cinéma a été intégrée dans Final Cut Pro - c'est beaucoup m ieux !
La gestion de projets films a été grandement améliorée. Final Cut Pro 5 est toujours livré avec Cinema Tools, l'outil de gestion de base de données keycode/timecode. Mais FCP 5 permet désormais de tout gérer sans avoir à passer par CinemaTools (dont il utilise cependant les ressources). L'importation d'une liste de capture film dans FCP génère automatiquement l'import d'un fichier telecine log (flex ou autre), et la création d'une base de données keycodes/tc via Cinema Tools, mais ceci de manière automatisée, et sans avoir à demander à ouvrir CinemaTools. L'interface de Final Cut Pro 5 intègre enfin les informations keycodes (numéros de bord de la pellicule cinéma), que l'on peut afficher à tout instant au cours du montage, pour les propriétés d'un élément, dans les fenêtres source (visualiseur) ou sortie (canevas). On passera encore par Cinema Tools pour la conformation 24 à 25 im/s (batch conform). Et on imagine que la prochaine version de FCP oubliera définitivement CinemaTools. On notera que Cinema Tools est resté en menus anglais, tandis que son intégration dans Final Cut a été entièrement traduite, parfois par des termes qui n'existent pas dans le vocabulaire technique français… Une Pull List devient ainsi une liste des épreuves ! Malgré ces problèmes de traduction, cette mise à jour rassurera les monteurs cinéma et simplifiera grandement leur travail.

 

On trouve par ailleurs une kyrielle de nouveautés, technologiques, techniques ou "humaines", qui font que
Final Cut Pro 5 est une grande mise à jour, très appréciable.

Ainsi en est-il du temps réel dynamique, Dynamic RT Extreme de son vrai nom. La version 4 de Final Cut avait vu l'apparition du temps réel géré directement par le logiciel (et donc ne nécessitant plus de carte accélératrice comme c'était le cas auparavant), la version 4.5 avait introduit la notion de RT Extreme, qui permettait à l'utilisateur d'adapter la résolution de la prévisualisation afin d'avoir un rendu en temps réel, et cette version 5 rend ce RT Extreme dynamique. En clair, si on opte pour le mode dynamique, Final Cut va lui même adapter la résolution et la cadence de l'image pour conserver une prévisualisation en temps réel. Ainsi, pour un montage nécessitant par exemple un important nombre de pistes superposées avec un mode de compositing, FCP 5 et son mode Dynamic RT Extreme va nous proposer une résolution affichant seulement un pixel sur deux et une cadence de 12 images/s, ce qui suffit pour travailler sur l'image et des animations. Le mode RT illimité à quant à lui été amélioré afin de permettre la lecture en temps réel des clips qui nécessitaient auparavant un rendu (comme ceux issus LiveType ou Motion). De plus, afin d'améliorer encore les performances, FCP crée désormais sur le disque de travail un dossier nommé "images constantes" qui stocke de manière permanente les images fixes ainsi que les médias issus des générateurs vidéos.
En réponse aux avidiens ou avidiennes un peu myopes, FCP 5 permet enfin d'ajuster la taille des caractères dans le navigateur…  La reconnexion des données a aussi été repensée avec la possibilité d'indiquer des limitations de recherche - pratique en réseau partagé Xsan. Même si cet outil de reconnexion des médias n'est toujours pas parfait… On apprécie que la fonction scrub du canevas soit désormais ajustable en qualité.
Côté titrage, FCP 5 introduit deux nouveaux générateurs Boris... mais ne rénove toujours pas ses titreurs de base, toujours aussi basiques et frustrants (pas de mélange de police, tailles,...) Quant aux "Boris", tout le monde (sauf Apple ?) sait quoi en penser : lents, semi-externes (donc pas pratiques pour synchroniser des événements), et un peu instables... mais de haute qualité, certes ! La prochaine grande priorité de FCP 5.5 ou 6, tout le monde (Apple compris ?) en conviendra...

Côté audio, Final Cut prends désormais en charge des surfaces de contrôle MIDI, notamment pour un mixage temps réel. De plus, on peut maintenant entrer et sortir jusqu'à 24 pistes audios simultanément, en 24bits/96khz, et en choisissant précisément les différentes parités, stéréos ou mono.


SoundTrack Pro, livré avec avec la Suite FCP, ou vendu séparément, est une version entièrement revisitée et réécrite de SoundTrack, qui était jusqu'alors un (maigre) outil de mixage et de création de musiques au mètre...
SoundTrack Pro est une véritable joie, la solution tant attendue par les monteurs, techniciens et producteurs qui ont toujours besoin de sauver une prise de son, dépasser les capacités limitées d'un logiciel de montage en traitement sonore, mieux mixer,… SoundTrack Pro est d'abord très bien intégré à Final Cut Pro 5. Depuis un montage on peut exporter immédiatement un son ou une séquence dans SoundTrack. On retrouvera notre ou nos éléments, nos pistes, avec le traitement audio mis en place dans FCP (niveaux, fondus, mixage, filtres).
SoundTrack Pro propose des outils de correction et de montage à l'échantillon près, de manière souple et intuitive. Des outils d'analyse du bruit permettent de supprimer des craquements, baisser le bruit de fond, remplacer une ambiance… de manière manuelle, semi-automatique ou automatique - avec des résultats excellents et rapides ! Les filtres audio proviennent de Logic Pro, et SoundTrack Pro propose donc une cinquantaine de filtres haut de gamme, pour le trucage ou la restauration de son : compresseurs, limiteurs, équaliseurs, réverbs,…, des filtres haut de gamme. Le logiciel est livré avec plus de 5000 sons et boucles musicales, de quoi construire rapidement des musiques, génériques ; bruiter et enrichir un film, à la manière de la SoundTrack 1 et de GarageBand réunis. Donc avec simplicité et efficacité ! Sound Track Pro est complètement non destructif (sauf option contraire choisie par l'utilisateur). On revient automatiquement ou facilement vers un montage dans FCP. Sound Track Pro n'est donc plus livré gratuitement avec Final Cut, mais vendu séparément (299 Euros environ) ou intégré dans la Suite FCP, extrèmement économique. On retiendra que SoundTrack Pro va devenir essentiel pour finaliser la dimension sonore d'un montage, et permettre très souvent d'oublier définitivement ProTools ou ses concurrents, accélérer la fabrication d'un projet vidéo et rendre ce travail accessible à beaucoup de gens, tant SoundTrack Pro est compréhensible et bien pensé !

Dans l'idée d'intégration dans un monde d'outils Apple nombreux et suffisants à eux-mêmes (quelle arrogance !), les logiciels Apple progressent : FCP 5, DVD Studio Pro 4, Shake 4, Motion 2, SoundTrack Pro communiquent davantage et mieux.
Ce qui avait été esquissé avec l'arrivée de Motion (la possibilité d'ouvrir directement dans Motion un projet FCP et d'en conserver un lien afin que toute modification se répercute dans FCP) a été généralisé. Ainsi, on peut envoyer une séquence FCP vers LiveType, Soundtrack Pro et même Shake, effectuer des modifications ou des créations dans ces derniers et retrouver les modification dans FCP, sans avoir à calculer grand chose (sauf pour Shake !)

La compatibilité intégrale de FCP 5 avec la solution Apple de stockage de données Xsan s'améliore, et notamment avec son système d'autorisation. Un utilisateur pourra retrouver sur n'importe quel poste du réseau ses préférences utilisateurs, système, ainsi que ses modèles de clavier et de bouton. De plus, on peut fixer une bande passante maximale que peut utiliser le logiciel et au-delà de laquelle un rendu s'avérera nécessaire.

Pour passer à la version 5 dans de bonnes conditions, Tiger 10.4.1 et QuickTIme 7.0.1 sont fortement conseillés. Le logiciel s'avère alors stable et évite des problèmes de compatibilités QuickTime. Fidèle à ses habitudes, Apple ne propose pas de compatibilité descendante et ainsi, les projets créés avec FCP 4.5 devront être convertis pour s'ouvrir avec cette nouvelle version, sans possibilité par la suite d'être ouverts par l'ancienne version…Quant aux utilisateurs de cartes cinéma, HD ou SD, il faut évidemment mieux vérifier la disponibilité des drivers, et leur stabilité avant toute mise à jour inconsidérée ! Et ne pas faire de mise à jour en cours d'un gros projet…

Apple avec Final Cut Pro 5 continue donc bien sur sa lancée : révolutionner les marchés de la vidéo, de la postproduction DV/SD/HD et du cinéma en proposant un ensemble d'outils nettement plus économiques ET plus haut de gamme, puissants, ET beaucoup plus « humains » que l'ancienne génération…  Et comme dit Apple en sous-entendu à Avid : Final Cut Pro fait tout cela, en un seul logiciel, à moins de 1000 Euros…

Plus d'infos "maison" sur le site Apple : http://www.apple.fr/finalcut
Un très bon revendeur, intégrateur de solutions de postproduction DV/SD/HD/Xsan : http://www.atreid.com

James Simon  mailto:jsimon@video-d.com
avec les manoeuvres de François Le Nouëne et les consils de Ilaria Bellico
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