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EFFETS SPÉCIAUX


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COMBUSTION 4

Une révolution ? non, mais un nombre impressionnant d'améliorations plus ou moins majeures pour cette nouvelle version 4… et une progression nette dans le sens d'une interface arborescente.

Combustion est un logiciel de compositing et d'habillage inspiré du célèbre Flame, développé aussi par Discreet. Partagé entre une logique de superposition de calques (comme After Effects), adaptée à des travaux d'habillage et d'animation graphique, et une organisation en arborescence (comme Shake ou Flame) faite de noeuds et de branches, plus pratiqe pour le compositing, Combustion est souvent présenté comme un couteau suisse de la post-production. Cependant , la présence d'une concurrence sévère  (After Effects) dans le domaine de l'habillage graphique et de l'animation fait que Combustion a essentiellement trouvé sa place dans les travaux de compositing (trucages) et plus particulièrement  de compositing 3D. Le fait que Discreet édite aussi 3DSMax, célèbre logiciel de création 3D, et que les deux applications communiquent de façon privilégiée, n'est pas pour rien dans ce succès… Dans cette optique « compositing », rien d'étonnant à ce que cette dernière version développe plutôt la logique de la « schématic », c'est-à-dire de la gestion des projets par via une interface en arborescence.

Diamond keyer, un opérateur précieux
La première bonne surprise de cette version 4 est un outil d'incrustation sur fond coloré, Diamond Keyer. Fondé sur d'autres algorithmes que le désormais célèbre Discreet Keyer directement inspiré du Flame, le Diamond Keyer apparaît à la fois plus intuitif, plus efficace et plus rationnel. Contrairement à son prédécesseur qui se voulait un opérateur tout-en-un, un peu « usine à gaz », capable de gérer la fabrication du Matte, le traitement de la couche alpha obtenue, et les corrections colorimétriques nécessaires, Diamond Keyer ne sert qu'à fabriquer le matte, c'est-à-dire la couche alpha. Et force est de constater qu'il est redoutablement simple à prendre en main pour un résultat très impressionnant, y compris sur les sources DV qui ont la réputation d'être difficiles à extraire. Quelques clics suffisent pour générer une couche de transparence alpha respectable, et les réglages fins sont facilités par une interface très graphique. L'image obtenue sera ensuite traitée dans une logique d'arborescence nœud par nœud, grâce à des opérateurs tel que les niveaux alpha, le Matte control et le Color suppression. De cette manière, les utilisateurs gèrent précisément chaque étape de l'incrustation, sans avoir la tentation, comme dans le Discreet Keyer d'agir sur tous les paramètres ce qui pouvait avoir comme conséquence de dégrader à chaque fois un peu plus le travail.


Le Diamond Keyer possède une interface très graphique, plus simple à prendre ne main que le Discreet keyer.

Lancement de capsules
Autre innovation allant dans le sens d'une utilisation accrue de la « schématic »,  il est désormais possible de regrouper des nœuds dans une Capsule (à rapprocher des macros de Shake) que l'on peut sauvegarder et ré-appliquer à d'autres composites. Ces capsules sont dotées de paramètres basiques choisis au moment de la création et directement accessibles par l'utilisateur. Dans l'optique d'un travail d'équipe, on peut par exemple imaginer une capsule destinée à l'incrustation sur fond bleu, contenant le Diamond keyer, un Alpha level et un Color supression. Le créateur de la capsule décide que seuls deux ou trois paramètres seront directement gérables afin, d'une part, d'accélérer le travail du technicien, mais aussi pour l'empêcher d'aller tripoter des réglages inappropriés. Bien entendu, il restera possible d'éditer l'intégralité d'une capsule afin d'adapter ses paramètres au travail en cours. Cette fonctionnalité va aussi faciliter la coopération à l'intérieur de la communauté Combustion avec, comme pour Shake et ses macros, le partage de capsules sur Internet.


Les capsules sont des nœuds rectangulaires plus larges que les autres. A noter les paramètres « basic » accessibles directement sans avoir à ouvrir la capsule.

Changement de vitesse
Toujours au registre des nouveautés incontournables, Combustion se dote enfin d'un opérateur Timewarp qui permet de gérer de manière dynamique les ralentis et les accélérations à l'aide d'une courbe. L'interpolation entre les images est bien gérée et permet de fluidifier les ralentis, de créer des traînées ou des flous de bouger. De plus, l'opérateur se dispose n'importe où dans une branche et affectera les nœuds situés en amont, ce qui est très pratique. Il est toutefois dommage que le graphique affiche à la fois la courbe des valeurs et celle de la vitesse, ce qui complique un peu les manipulations. Autre aspect gênant, l'impossibilité de générer rapidement des arrêts sur images faute de pouvoir aligner simplement les tangentes des points de Bézier.


L'opérateur Timewarp, qui gère les ralentis et accélérations à l'aide de courbes est sans doute l'amélioration la plus attendue de cette mise à jour.

Des fichiers moins lourds
Enfin, pour clore cet inventaire des améliorations majeures, mentionnons l'opérateur GBuffer Builder destiné au compositing 3D. Jusqu'alors, on utilisait un seul et même fichier contenant des informations comme la profondeur (Zbuffer), les ID de texture, d'objets, la vélocité, etc. afin de générer des critères de compositing 3D. Le problème est que plus il y a d'informations stockées dans le même fichier, plus ce fichier est lourd. Du coup, même sans utiliser l'ensemble de ces données, les images prennent beaucoup de place dans la mémoire vive et ralentissent les transferts depuis le disque dur, à l'intérieur d'un réseau, etc. Grâce au GBuffer Builder, il est possible d'attribuer à une image des informations de compositing provenant d'autres images. Dans cette optique, les graphistes 3D exporteront  non pas une mais plusieurs séries d'images, l'une contenant le Zbuffer, l'autre les ID, etc. sachant que le compositeur pourra n'utiliser que celles dont il aura besoin, sans alourdir inutilement son travail.

Masques et tracé
L'opérateur Paint se voit implémenter des fameuses B-Splines, bien connues des modélisateurs 3D, en complément des courbes de Bézier. Très intuitifs, les points des B-Splines sont accompagnés d'un levier unique qui permet d'en corriger la courbure. Dans le cas d'un rotoscoping (détourage d'un élément, en général, malheureusement animé), quand elles sont appliquées aux bordures, chaque point est doté de trois poignées, l'une rattachée à la courbure du tracé lui-même, et les deux autres aux épaisseurs des dégradés de transparence. Il en résulte un contrôle précis et ergonomique des contours. Toujours au niveau du Paint, les points de bézier ou de B-Splines peuvent désormais être regroupés et bénéficier d'une boite de transformation particulière. Les groupes ainsi créés sont accessibles très simplement depuis le Workspace. Un petit plus très appréciable pour le rotoscoping de formes complexes. A noter enfin un petite coquetterie (bienvenue) concernant les combinaisons de masques. Des signes apparaissent à côté de chaque masque pour signifier le mode de fusion qui les concerne (addition, soustraction, multiplication, etc.).


Les B-splines offrent un contrôle très intuitif des courbures, et des contours progressifs dans le cas d'un rotoscoping.

Petites évolutions entre amis
De nombreuses améliorations, moins éloquentes, viennent avec cette version 4. L'opérateur Merge, par exemple, permet de mélanger directement deux sources au moyen d'un mode de fusion sans avoir à créer un composite par source. Du coup, le projet fait l'économie d'un node de transformation géométrique par calque. Autre innovation notable, le Constant Time Gaussian Blur qui comme soin nom l'indique ne génère pas des temps de calcul longs quand la quantité de flou est importante. Un gain de temps appréciable d'autant que la qualité du flou est très bonne. Dans un autre registre, les graphistes verront d'un bon œil arriver les grilles et les repères bien connus des utilisateurs de Photoshop ou d'Illustrator. Mentionnons, enfin, une amélioration de l'interface qui n'a l'air de rien, mais que les adeptes de Combustion salueront certainement : la possibilité d'envoyer le panneau Workspace en haut à gauche de l'écran d'un simple raccourci clavier (Maj+F10). Outre une meilleure lisibilité du projet, cette fonction permet d'avoir simultanément le panneau Workspace et les outils à l'écran !
Discreet annonce aussi deux améliorations qui n'ont pas pu être testées sur la version beta fournie : le Channel Preset Filter qui permettra de n'afficher que certains paramètres dans la timeline après les avoir regroupés sous un nom, et une fonction ergonomique de comparaison des images.
Cette mise à jour de Combustion est donc très riche en innovations, bien qu'aucune révolution notable ne vienne bouleverser les habitudes des utilisateurs. Rien, certes, de vraiment étonnant si l'on considère la maturité déjà bien avancée du logiciel, mais on regrettera néanmoins une certaine immobilité concernant le tracker ou le générateur de particules par exemple.


Ici, les deux méthodes pour superposer deux sources, avec à droite sur la schématic, l'opérateur Merge. Les contrôles de l'opérateur sont visibles en bas de l'écran.

Stéphane Prince & James Simon
Article précédemment paru dans SONOVISION.

Combustion 4
Editeur  AUTODESK / DISCREET
300€  la mise à jour - 1200€ HT la version normale
Versions - PC et Mac.

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